On vit à une époque où on est assailli de toute part, tant du côté politique et idéologique que social. Il n’y a pas un jour qui ne passe sans que notre démocratie, notre filet social et nos droits durement acquis soient menacés, principalement sous l’influence des États-Unis, par les temps qui courent.

Sérieusement, j’ai l’impression que nous vivons les premiers chapitres d’un roman dystopique.

Trump, qui multiplie les décrets les uns plus délétères que les autres. Lui et son administration servile qui renversent des décisions à la pelle et bafouent les droits des femmes en matière d’avortement, des personnes non binaires, des droits des réfugiés, les traitant tous de criminels et de violeurs. Qui criminalisent l’itinérance dans certains États et vont même jusqu’à interdire et même punir l’aide aux sans-abri comme c’est le cas à Fremont en Californie.

À l’échelle internationale, Trump qui s’acoquine avec la Russie allant jusqu’à blâmer Volodymyr Zelensky d’être responsable de l’invasion de l’Ukraine. Les extrémistes de droite qui accèdent de plus en plus au pouvoir un peu partout dans le monde. Un vrai roman dystopique je vous dis…

Il serait bien facile de désespérer et de baisser les bras face à une situation qui nous dépasse complètement. Se concentrer seulement sur des choses qui nous font du bien, protéger son petit confort, question de préserver sa santé mentale.

Il n’y a pas de mal à bien s’occuper de soi, au contraire, mais on ne doit pas se résigner face à ce qui se passe dans le monde.

C’est ce que Françoise David est venue nous dire quand nous l’avons invitée à L’Itinéraire et que vous pourrez lire dans nos pages. Agissez dans la mesure de vos capacités, mais agissez ! Impliquez-vous dans des causes qui vous tiennent à cœur. « Il faut affronter l’orage, pas le fuir », affirme-t-elle. C’est aussi ce que font ces femmes militaires qui veulent changer la culture machiste des Forces armées canadiennes, à qui notre journaliste Simon Bolduc a consacré un dossier bien étoffé.

Par ailleurs, Valérie Beaudoin, la chercheuse et chroniqueuse spécialisée sur les questions américaines, nous dresse un portrait bien informé des droits des femmes sous pression au sud de nos frontières. Elle aussi appelle à la vigilance et à l’action.

Et enfin l’ami bédéiste El Diablo, Boris Dolivet de son vrai nom, qui avec son humour tranchant, illustre ce qui l’empêche de dormir, nous met en garde contre le fatalisme. Après avoir envoyé sa planche, il répond à mon commentaire sur le découragement ambiant et relativise : «  Face à cette aberration , il faut que les gens gardent la raison. Même si ça dure une décennie, comme ç’a été le cas dans les années 40, ça finira bien par arrêter. Il faut être les gardiens de la raison et continuer à véhiculer des idées positives. On va en avoir besoin plus que jamais ! »

Les gardiens de la raison. J’aime ça.

Vous venez de lire un extrait de l’édition du 1er mars 2025.
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