Rose .

Rose .

Originaire de Baie-Comeau, Rose y a connu une enfance tumultueuse. Elle a d'abord vécu dans plusieurs familles d'accueil, puis en centre d'accueil, où elle a eu de nombreux problèmes avec l'autorité : « J'ai fait des fugues, j'étais violente et je n'écoutais personne. J'étais vraiment rebelle. Je me sentais rejetée, alors à 18 ans je suis partie, j'ai fait du pouce et je me suis dit : ‘Qu'importe où j'arriverai, j'arriverai’. » C'est ainsi qu'elle s'est installée à Montréal.

Après une rupture, Rose s'est retrouvée à la rue. Commença alors pour la jeune femme une nouvelle période d'instabilité. Elle fut sans domicile fixe, vivant dans plusieurs maisons d'hébergement et passant par plusieurs organismes de réinsertion sociale. Il y a trois ans, Rose a retrouvé une certaine stabilité. Elle a pris un logement et a commencé à vendre L'Itinéraire : « Pour moi, c'est une famille. Je suis toujours une personne qui est à part des autres dans la société et je trouve que L'Itinéraire, ça me représente bien. Je choisis mes horaires, je suis mon propre patron, et j'aime ça, vendre la revue ! »

L'art prend une très grande place dans la vie de Rose. Depuis qu'elle a l'âge de 11 ans, elle s'adonne à l'écriture : « J'adore écrire. C'est comme une libération. J'inventerais l'écriture si ça n'existait pas. Ça m'a aidée à traverser des émotions négatives, des émotions enfouies. » Il y a une dizaine d'années, Rose a aussi découvert la peinture comme moyen d'expression : « Je me suis tellement épanouie ! J'avais un besoin urgent de créer. J'ai fait des tableaux, j'ai fait des colliers, j'ai déchiré des choses... J'en avais besoin. Ça a été une expérience fabuleuse ! » Elle a d'ailleurs commencé à utiliser le nom d'artiste Rose Qui Fleurit à ce moment-là. Elle l'a choisi car le rose est un mélange de rouge et de blanc, couleurs qui représentent la passion et la pureté et parce que la floraison représente l'épanouissement.

Même si la vie va de mieux en mieux pour Rose, un certain détail vient jeter une ombre au tableau. Il y a plusieurs années, à cause d'une crise d'épilepsie, la jeune artiste a perdu une dent : « Quand j'étais jeune, on m'a toujours dit que j'avais un beau sourire, et quand j'ai perdu ma dent, ça a vraiment été fatal. Ça m'a vraiment fait de la peine. » Elle aimerait beaucoup regagner confiance en elle, mais elle n'ose plus sourire. Toujours optimiste, elle espère qu'un miracle de Noël pourra lui redonner son sourire : « J'ai besoin qu'on répare mes dents, car je risque de les perdre. Je souhaite vraiment que quelqu'un, un dentiste généreux, vienne à mon secours. Je crois encore au Père-Noël ! »

Par Martine Bouchard-Pigeon, bénévole à la rédaction

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