Tuan Trieu Hoang

Tuan Trieu Hoang

Tuan Trieu-Hoang : Un sentiment de liberté

Par Thomas Marteil


Depuis qu’il travaille à L’Itinéraire, Tuan Trieu-Hoang n’a jamais été aussi heureux. Après des années de galère à faire plein de petits jobs et à subir la pression de petits chefs, il assume sa quête de liberté.

À ses débuts, Tuan était anxieux à l’idée de devoir vendre dans la rue. Il dit ne pas être un bon vendeur: «Avant d’arriver à L’Itinéraire, je n’avais jamais rien vendu de ma vie. La seule chose que j’avais faite, c’était une vente de garage. Ç’a été un fiasco», explique-t-il. Il avait également peur du jugement des gens. Malgré sa timidité, il s’est vite rendu compte que vendre le magazine n’était pas si compliqué, car sa notoriété était déjà faite. «Les gens ne s’attendent pas à voir une performance artistique...», dit-il.
Depuis qu’il a commencé en 2009, il a toujours réussi à vendre tout son stock. Une de ses grandes craintes était d’avoir encore des magazines invendus de l’édition précédente lorsque la nouvelle paraîtrait, et de ne pas savoir quoi en faire. En discutant avec des camelots plus expérimentés, il a appris différentes techniques de vente, notamment celle de vendre deux numéros en même temps. Il se dit soulagé, car il n’a encore jamais eu besoin d’utiliser ces techniques.

Le camelot du métro Henri-Bourassa est apprécié de ses clients. Il a su développer un lien avec quelques-uns. Il lui arrive même parfois d’aller prendre un café ou dîner avec eux. Il relate qu’une fois il n’avait pas travaillé pendant quelques jours et qu’à son retour un client fidèle s’était inquiété de son absence. Il lui a demandé si tout allait bien, s’il ne lui était rien arrivé. «C’est à ce moment-là que tu t’aperçois que la ligne entre client et ami est très mince. Ça m’a beaucoup touché», dit-il avec émotion.

 

En quête de liberté

Avant de venir à L’Itinéraire, Tuan a longtemps travaillé pour une agence de placement, qui lui faisait faire toutes sortes de petits boulots peu intéressants et ingrats. Il se souvient par exemple de devoir partir à 4 h 30 du matin, faire deux heures de bus et de métro pour aller travailler à l’extrême-ouest de l’île, puncher sa carte à sept heures tapantes. Il a horreur des exigences irréalistes de certains employeurs qui ne tiennent pas compte des réalités de leurs employés et qui veulent les faire travailler constamment sous pression. Pour lui, le problème d’être inscrit dans une agence de placement est que l’on ne sait jamais quand sera notre dernier jour. «Tu vis tout le temps avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête!» Maintenant, il n’est pas «l’esclave d’un horaire ou d’une carte de punch», ajoute-t-il.

Tuan est titulaire de trois diplômes en électronique, un américain et deux québécois. Mais, pour des raisons qu’il ne peut expliquer, il n’a jamais travaillé dans son domaine. Quand les gens lui demandent pourquoi, il ne sait pas quoi répondre. Pour lui, c’est plus compliqué que ça: «Les gens ne comprennent pas comment je fonctionne. Je n’aime pas travailler avec un patron. J’aime mieux vendre des journaux que d’aller me chercher une job en électronique.»


En effet, il préfère être travailleur autonome, car ça le motive. Le sentiment de liberté l’encourage à en faire plus. 

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