« Bonne année… malgré tout. » Voilà le genre de souhait que donnait et recevait Françoise David, militante féministe et figure emblématique de la politique québécoise, au tournant de la nouvelle année. « Je sentais, depuis le retour des Fêtes, avec l’approche de l’assermentation de Donald Trump, un désarroi profond autour de moi », nous confiait-elle lors de son passage dans les bureaux de L’Itinéraire.
Face à cette morosité ambiante, la militante a choisi d’écrire. « À court terme, tout ce que je pouvais faire, c’était écrire. Je ne dirige plus rien, mais je sais écrire. » Un geste simple, mais porteur, qui a pris la forme d’un texte publié dans Le Devoir. Une lettre écrite avec urgence et conviction, qui a trouvé écho auprès de nombreuses personnes. Dans cette lettre ouverte, le message est clair : ne pas se réfugier dans l’illusion que la tempête passera loin. « L’orage est au-dessus de nos têtes », insiste-t-elle, refusant la résignation. Cette inquiétude ne se limite pas à la sphère politique : elle englobe les enjeux sociaux, climatiques, économiques. « Il faut affronter l’orage, pas le fuir. »
Des pistes d’engagement
Mais comment transformer l’indignation en actions concrètes ?, lui demande-t-on. Françoise David propose des gestes simples, accessibles à tous. Exemple : « Chaque personne qui achète L’Itinéraire peut passer un coup de fil au bureau de son député [pour parler de ce qui le dérange]. » Forte de son expérience en politique, elle sait que ces actions, bien que minimes individuellement, ont un impact collectif puissant. « À un moment donné, les députés, à force de recevoir des téléphones, des lettres et des textos, finissent par appeler au bureau du premier ministre. Parce qu’ils veulent être élus et qu’ils voient que les gens ne sont pas contents. »
Il existe mille autres façons de militer au quotidien. « Tu fais des choix. Si toi, ce qui t’intéresse, c’est l’environnement, tu cherches des groupes écologistes. Ce n’est pas ça qui manque », explique-t-elle. Internet permet de trouver facilement des organisations engagées, que ce soit en environnement, en droits humains ou en justice sociale. « Il y a des petits groupes Facebook qui se créent un peu partout. Les gens se parlent. » Une dynamique qui, bien exploitée, permettrait de structurer un militantisme efficace et d’attirer toujours plus de citoyens vers la mobilisation.
Vous venez de lire un extrait de l’édition du 1er mars 2025.