Ailleurs dans le monde, Campagne #BossNotBum

« Nous sommes nos propres patrons »

Texte par : Geneviève Bertrand

Lorsqu'une ordonnance municipale a voulu interdire aux camelots de The Contributor de  vendre leur journal de rue aux automobilistes à partir des terre-pleins de Nashville, Tennessee, ceux-ci y ont vu une menace directe à leur principale source de revenu. Du même coup, cette ordonnance mettrait également en péril la survie même du journal de rue.

 

Le personnel du journal de rue et les camelots ont donc rapidement réagi en lançant une campagne bien spéciale en campant les camelots comme propriétaires de leur entreprise, assis à un bureau, à leur point de vente habituel.

Pendant trois semaines, ils ont aussi fait pression sur les responsables de la ville et ont sensibilisé le public avec des lettres, des réunions publiques et une vidéo axée sur les camelots.

 

Mais c’est surtout cette campagne de sensibilisation intitulée #BossNotBum (Patron, pas quêteux) montrant des camelots assis à un bureau en tant que travailleurs autonomes, et non des mendiants en quête de charité qui a eu un impact. La campagne a été un succès instantané, et a même affiché une tendance sur Twitter à Nashville.

 

Brady Banks, directeur général de The Contributor affirme que les camelots sont bel et bien leurs propres patrons. Il explique que ceux-ci investissent dans leur propre entreprise, car ils achètent le journal 0,75 $ et le revendent pour 2 $, empochant ainsi un profit de 1,25 $. Les camelots ont investi plus de 270 000 $ dans les ventes du Contributor l'an dernier seulement.

 

Pour les camelots comme Clint McDowell, les rues sont leurs bureaux. « Nous ne sommes pas des mendiants. Nous sommes propriétaires de petites entreprises et nous payons des impôts comme tout le monde. Nous sommes nos propres patrons », a-t-il déclaré.

 

Après que les photos des camelots assis à des bureaux équipés de téléphones et  d’ordinateurs aient été partagées en ligne, la campagne #BossNotBum est rapidement devenue virale et a attiré l'attention des médias et du public.

Si bien qu’au bout de trois semaines, la municipalité a décidé d’abandonner l’ordonnance controversée.  (INSP)