Reportage

Ce que nous devons à la pandémie

Il n’y a pas si longtemps, on croyait qu’après la pandémie, «rien ne serait plus pareil». On pensait qu’elle mènerait à un renouveau sociétal. S’il est vrai qu’on a dû consommer autrement, se recréer une bulle familiale, amicale ou professionnelle, il a fallu redéfinir nos valeurs. Collectivement touchés par des drames sociaux hautement médiatisés, l’inclusion est devenue essentielle. Mais tout n’est pas si simple lorsqu’il faut aussi contrer la fracture numérique et que l’on compte sur un milieu communautaire déjà à bout de souffle.

L’Itinéraire a sondé des entrepreneurs, des stratèges en communication ou en production numérique, des psychologues et des sociologues. Ensemble, on se questionne sur des enjeux sociaux révélés par la pandémie. Qu’avons-nous réellement appris ?

Consommer bleu

On n’a jamais autant parlé d’économie locale. C’est du moins la vision d’Ania Ursulet qui a profité de la pandémie pour quitter Montréal et s’installer en Mauricie. Pour cette stratège en marketing et communication, il était nécessaire de redéfinir ses valeurs, tant sur le plan professionnel que personnel. «Il faut réinjecter des valeurs dans notre modèle économique. Des valeurs avec de réels engagements», estime la travailleuse autonome qui n’hésite plus à refuser des contrats si cet élément essentiel n’est pas respecté. «Je crois que notre état d’esprit est différent aujourd’hui. Avec l’idée du Panier Bleu, on a compris qu’il fallait consommer plus local, privilégier nos agriculteurs de proximité qui ont d’ailleurs eu plus de travail que jamais.».

La Martiniquaise d’origine a été pressée par un besoin d’agir pour la société. Et c’est la raison pour laquelle elle a proposé le projet «Marrainage». Cette initiative permet aux grandes entreprises de soutenir de petites entreprises locales fortement touchées par les effets du confinement et le ralentissement économique, en leur offrant gratuitement des services en marketing et communication pour les aider à augmenter leur chiffre d’affaires. «J’avais besoin d’agir pour aller vers un monde plus inclusif et meilleur», étaye Ania Ursulet.

Le Panier Bleu a été lancé très rapidement par le gouvernement Legault. L’idée était de promouvoir les produits québécois en plein chaos économique hérité de la pandémie. Un concept qui est là pour durer si l’on en croit Alain Dumas, cité dans un article du Devoir du 4 septembre dernier. Le directeur général du Panier Bleu estime d’ailleurs qu’il est important de «bien sensibiliser les consommateurs aux retombées qu’ont leurs achats sur l’économie».

Mais pour Nellie Brière, stratège en communication numérique, le Panier Bleu est plutôt «un outil de communication politique, car plusieurs entrepreneurs vendent des biens provenant ou fabriqués en Chine et ailleurs». Cet élément a du reste été dénoncé par plusieurs médias. Mme Brière préfère retenir l’initiative de leslibraires.ca qui sont parvenus à rassembler toutes les librairies indépendantes du Québec pour donner l’opportunité aux gens d’acheter des livres à proximité de leur domicile, tout en mettant de l’avant les auteurs d’ici. Elle cite aussi de nombreux groupes sur les réseaux sociaux qui permettent aux restaurateurs d’augmenter l’intérêt des Québécois à préférer des solutions gastronomiques du coin.

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