Éditorial

Voter en temps de pandémie

La première demie du match vient tout juste de se terminer. Je parle évidemment des élections fédérales. Maintenant, avec les municipales, il nous reste une autre manche avec un mois de promesses électorales.

Aller voter au fédéral — dans mon quartier de Rosemont — a pris exactement 15 minutes du début à la fin. J’ai été chanceux, et en bonus, j’ai même conservé le crayon.

Si l’exercice s’est avéré long et lancinant pour plusieurs électeurs montréalais, en région c’était une autre paire de manches. Pour des amis à l’extérieur de la métropole, leurs 15 minutes étaient accompagnés de café, de beignes et d’une jasette sur des enjeux importants, à savoir si on va décorer pour l’Halloween cette année? C’est sûrement l’avantage de vivre dans un village de seulement 1100 âmes qui ont presque toutes voté par anticipation.

Cependant, selon mes observations dans ma circonscription, seulement quelques individus étaient admis à la fois dans la zone d’attente du bureau de vote. La pandémie a laissé des traces. Un peu partout dans les bureaux de scrutin, le stress était palpable, l’impatience, la contestation facile, l’insurrection sur le fait de conserver son crayon pour enfin passer à l’autre étape, voter. On ressentait aussi que cette sortie de groupe était pour plusieurs autour de moi une première depuis bien longtemps.

Pour nous, à L’Itinéraire, cette socialisation pandémique avec les camelots a été amplement comblée par l’ensemble de l’équipe depuis les débuts. L’Itinéraire n’a jamais cessé d’offrir et d’innover dans ses services. Cette mission d’entraide doit être maintenue sans faille, parce que clairement cette pandémie a démontré que les groupes les plus vulnérables de notre société ne bénéficient pas équitablement des mesures offertes par nos gouvernements. De nombreuses communautés vulnérables traversaient déjà une crise avant la pandémie, et ne tiennent tout simplement plus le coup.

Cette pandémie aura, et a déjà eu, des répercussions particulièrement dévastatrices sur les communautés marginalisées, les personnes en situation de pauvreté ou d’itinérance, les peuples autochtones, les femmes et les enfants fuyant la violence familiale, les personnes handicapées, les personnes ayant des besoins en matière de santé mentale et de dépendances, les personnes âgées vivant seules ou en établissement. C’est pourquoi notre rôle comme organisme et comme média est de plus en plus important et nécessaire.

Par ailleurs, dans son dossier très instructif, Ce que nous devons à la pandémie, notre journaliste Alexandra Guellil nous fait réfléchir aux traces laissées par la pandémie.

Et l’article de Laurent Soumis qui traite de violence conjugale ne laissera personne indifférent. Pour toute personne qui se sent visée par la question, je vous suggère fortement de prendre quelques minutes pour remplir le questionnaire en page 29 et ne pas hésiter à faire appel à SOS Violence conjugale au besoin.

Bon, c’est le retour au match, soyons attentifs.