Entrevue

Alain Vadeboncoeur - Un « virophobe » qui s'assume

Photo : David Himbert

Urgentologue en chef à l’Institut de cardiologie de Montréal, Alain Vadeboncoeur est partout. En vidéo, il nous apprend à porter un masque de façon sécuritaire et sur les réseaux sociaux, il vulgarise, commente et contredit, quitte à subir la foudre des trolls. Impliqué dans d’autres crises par le passé, comme celle du verglas, le chroniqueur pour L’Actualité nous raconte ce que la pandémie a changé à son quotidien.

Comment cette pandémie vous interpelle-t-elle ? 

Comme médecin à l’urgence, où j’ai de nombreuses responsabilités, comme conjoint, père de famille et comme intervenant public. Elle a sollicité à peu près tout ce que je sais faire. Tant que la pandémie sera dans l’air, il y a une possibilité d’infection. À moins d’un miracle ou qu’un vaccin sorte dans six mois ou un an, notre pratique a changé. Si on finit par la contrôler dans deux ou trois ans, on relâchera un peu les mesures de précautions. On apprend toujours de la dernière crise pour se préparer à la prochaine, un peu comme on a appris de la H1N1 ou de l’Ebola.

Comment va l’homme derrière le médecin ?

Ça va mieux. Le virus a changé ma vie personnelle. Ça fait plusieurs semaines que je n’ai pas vu ma mère, mes frères et sœurs, comme beaucoup d’autres personnes. Je ne suis pas quelqu’un qui court après les évènements sociaux. Vivre dans un relatif retrait m’est plutôt confortable. J’ai toujours été un peu « virophobe » : les mesures de distanciation physique, je les pratiquais déjà avant ! L’expertise que j’avais d’éviter des poignées de mains me sert beaucoup. Je me sens un peu plus normal qu’avant. C’est assez particulier comme feeling (rires).

Quel a été le plus grand défi au travail ?

Transformer le milieu de travail. On appréhendait ce qui s’en venait avec la situation de l’Italie ou de New York en tête. Si on n’est pas un hôpital particulièrement exposé, on a juste quelques cas suspects, on doit néanmoins se comporter comme si tout le monde était à risque. Cette période n’était pas facile, on est sous pression d’autant plus qu’on s’expose comme soignant avec toutes nos préoccupations personnelles.

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