PRIX DE LA RÉDACTION

L'origine des prix

Meilleur mot de camelot
PRIX ALCATRAZ
1952-2002

Alcatraz, ou Alain Coulombe de son vrai nom, a été un camelot de la première heure et une figure marquante à L’Itinéraire. Son tout premier texte publié en février 1995 parle de son combat avec la maladie, les préjugés et de l’exclusion, mais aussi de ses espoirs, notamment grâce à L’Itinéraire.

Il écrivait alors : [... le dragon que je suis a repris naissance depuis qu’il vend ce petit bijou de journal ou ce torchon, comme d’autres l’appellent. En effet, j’ai retrouvé trois de mes passions : lire, écrire et vendre. Et je suis redevenu sociable…]

Cylvie Gingras, ancienne camelot de longue date écrivait dans l’édition du 20e anniversaire, publié le 15 mai 2014 : Notre Alcatraz national arborait fièrement une casquette rayée de prisonnier. Un jour, il l'a perdue et un lecteur lui en a fait parvenir une autre. Il était très malade et il avait fait deux voeux : atteindre ses 50 ans et suite à son décès, faire la une de L'Itinéraire. Il a été le premier journaliste de rue à couvrir les Fêtes Gourmandes. Il était scandalisé par le fait qu'après l'événement, on jetait beaucoup de nourriture. Il a été le premier à dénoncer cette situation. Et cela a porté fruit puisque les années suivantes, la nourriture invendue a été distribuée dans les organismes communautaires et les refuges. Je te salue Alcatraz et j'espère que tu te paies la traite là où tu es. Tu as laissé ta marque, car tes paroles se sont envolées, mais tes écrits resteront.


Meilleure chronique libre
PRIX JEAN-PIERRE-LIZOTTE
1954-1999


Camelot pendant quatre ans à L’Itinéraire, on se souviendra de Jean-Pierre Lizotte pour avoir perdu la vie à la suite d’une intervention violente de policiers en 1999. L’homme dont la vie n’a pas été un long fleuve tranquille avait connu la prison, avait lutté contre l’itinérance et avait enfin espéré trouver une famille et de la stabilité à L’Itinéraire.

Pierre St-Amour écrivait à propos de Jean-Pierre Lizotte en 2014 à la suite d’une manifestation pour dénoncer la brutalité policière: [… 15 mars 2014. Des noms dont le rappel soulève en moi, avec la même intensité, un profond sentiment de révolte… Jean-Pierre Lizotte, … l’énormité des gestes commis avait frappé l'imaginaire collectif. Soudainement, tout devenait limpide. Quand on est dans la rue, on le reste. Sans protester. Sans faire de vagues. Il ne faut surtout pas troubler la quiétude des nantis. Jean-Pierre Lizotte avait «dépassé les bornes». Il avait empiété sur un territoire dont l'accès lui était interdit. Devant la vitrine du Shed Café, Jean-Pierre Lizotte avait baissé son froc pour adresser métaphoriquement ce message à la communauté : ‘ Je m'en branle de votre système !’ Pour avoir posé ce geste, il l'avait payé de sa vie. »


Meilleur article société
PRIX CLAUDE-BRÛLÉ
1958-1999


Claude Brûlé est arrivé à L’Itinéraire en 1994. Sous ses airs de dur à cuire, Claude était en fait une personne généreuse, pleine d’humour. Celui à qui la vie n’a pas fait de cadeau avait trouvé à L’Itinéraire un havre où il a pu développer l’art d’écrire, et en 1998, celui de comédien dans le film de Robert Morin, Quiconque meurt, meurt à la douleur, en compagnie de quelques collègues camelots. Passionné par L’Itinéraire, Claude partageait ses jours entre son implication auprès de l’organisme et la vente du magazine. Doté du don de persuasion, Claude savait approcher les gens d’affaires et les politiciens pour les convaincre de donner à L’Itinéraire. Claude était un être intense qui avait appris à canaliser son agressivité de jeunesse.

Dans un article intitulé Un être aimé et dérangeant, Gilbert G écrivait, en août 1999 : « Sa curiosité, son goût de l’information et surtout ses qualités de communicateur firent de lui un journaliste pigiste intéressant, mais dérangeant, surtout pour l’équipe du journal car, pour lui, rien n’allait assez vite. Une vraie locomotive qui tentait à elle seule de tirer tous les wagons. Un ‘pas commode’, mais utile ».

Celui que l’on surnommait Why not be s’est éteint d’un arrêt cardiaque le 30 juin 1999.


Meilleure chronique culturelle
PRIX ALAIN-CHARPENTIER
1961-2014


Ancien recherchiste et chroniqueur à la radio de CKAC et à la télé, Alain Charpentier dont le verbe et la plume témoignaient de grandes connaissances culturelles a trouvé à L’Itinéraire un lieu d’accueil où il a pu se poser. La consommation ayant eu raison de sa carrière professionnelle, Alain a connu des déboires qui l’on mené à l’hôpital, au bord de l’itinérance et enfin dans un logement supervisé. Pouvoir mettre à profit ses talents de recherchiste et de rédacteur a été salvateur pour l’homme brisé qu’il était. En plus des très bons articles qu’il a écrits pour L’Itinéraire, il a été en nomination pour le Concours des journalistes de rue de L’Itinéraire en 2012 pour son texte Isabelle Blais, belle à rendre Caïman Fu ! Dans une vidéo « L’Itinéraire, portrait d’Alain Charpentier », réalisé en 2013, le parolier Manuel Laroche ne tarissait pas d’éloges envers son ami. À la fin de la vidéo il lui lance : « Longue vie Alain ! ».

Alain Charpentier est décédé le 25 février 2014.

Cet article exclusif au site web vous est offert gracieusement par L’Itinéraire.