Dossier

Je dormais sur un trésor

Photo : Milton Fernandes

En 2006, j’ai touché mon bas-fond. J’avais tout perdu et je me suis retrouvé dans la rue.

J’ai bien essayé de dormir dans des refuges pour sans-abri, mais je n’aimais pas ça. C’est là que j’ai décidé de venir dormir sous le pont Jacques-Cartier.

Sans le savoir, je dormais sur une page de l’histoire industrielle de Montréal.

Au coin des rues Sainte-Catherine Est et De Lorimier (qu’on appelait à l’époque Colborne), se trouvait il y a 150 ans une fabrique de pipes en terre cuite.

Des fouilles archéologiques
Cet automne, tout près de mon point de vente et juste devant l’immeuble de L’Itinéraire, je me suis aperçu que des ouvriers remuaient la terre là où j’avais dormi.

Je suis allé leur demander ce qu’ils faisaient. Ils m’ont dit qu’ils menaient des fouilles archéologiques.

Avec notre journaliste Laurent Soumis, j’ai voulu connaître le fond de l’histoire et je vous propose de suivre le résultat de nos recherches présenté dans les pages qui suivent.

Un certain silence
Dès le départ, la société fédérale des Ponts Jacques-Cartier et Champlain, qui est propriétaire du terrain, nous a confirmé qu’il y avait bel et bien des fouilles à cet endroit, sans vouloir en dire plus.

Mais, un archéologue, qui a déjà étudié le site, nous a ensuite confirmé qu’il s’agissait du site des deux plus importantes fabriques de pipes au Canada à la fin du 19e siècle.

Bien avant la construction du pont Jacques-Cartier, il y a d’abord eu la fabrique de la famille Henderson qui a été en opération de 1846 à 1892.

Un peu plus tard, dans le même quadrilatère, il y a eu deux fabriques appartenant à la famille Bannerman, de 1858 jusqu’à 1902.

Le four tant recherché
Comme le montre le recensement fédéral de l’époque, ces compagnies donnaient du travail aux ouvriers, mais exploitaient les femmes et les enfants, en leur versant des salaires plus bas.

Finalement, il y a quelques semaines, les archéologues ont trouvé ce qu’ils cherchaient : un authentique four à pipe….. là où je dormais.

Bonne lecture !

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