Dossier

Soldat un jour, soldat toujours

Photomontage : Milton Fernandes

Cette devise est partagée par les vétérans que nous avons rencontrés. Visiblement touchés que l’on puisse s’intéresser à leur histoire et qu’on les raconte à l’approche du 11 novembre, jour du Souvenir. Malgré le temps qui passe, leur engagement pour le pays n’a pas de limite. Peu importe ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont perdu ou les ordres qu’ils ont reçus, ces anciens combattants ont défendu la feuille d’érable et nos valeurs nationales. Ils ont signé de leur vie au nom de tout cela. Voilà pourquoi nous les saluons dans ce dossier hommage.

En arrivant à l’Hôpital Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-Bellevue, les mesures de sécurité dès l’entrée nous plongent directement dans la réalité : « ici, ce n’est pas vraiment un hôpital comme les autres », nous prévient-on en français et en anglais. Le bilinguisme est de rigueur puisqu’il s’agit du seul hôpital au pays à se consacrer exclusivement aux soins des vétérans des Forces armées canadiennes de tous les âges, et ce, depuis plus de 100 ans.

Il a été créé à une époque où l’on se remettait de la bataille de la Somme (1916) qui a fait un nombre important de blessés, tués ou portés disparus. Cette bataille, surnommée « das blutbad » (le bain de sang) par les Allemands, qui ont aussi eu de nombreuses pertes, reste pour plusieurs synonyme des horreurs de la Première Guerre mondiale.

Au fil des ans, l’établissement a solidifié son expertise dans divers domaines comme la gériatrie, les soins de longue durée ou de fin de vie, la démence, la gestion de la douleur ou les traumatismes liés au stress opérationnel (TSO) ou choc post-traumatique.

Au champ d’honneur

Dans les couloirs du rez-de-chaussée, on arrive devant une œuvre célébrant le coquelicot rouge, cette fleur glorifiée par le poème Au champ d’honneur de John McCrae, devenus tous deux des symboles du Souvenir. Puis, on se retrouve face à une sorte d’arbre de métal, fixé au mur, immortalisant sur des feuilles le nom de tous les résidents qui sont partis.

À côté de ces différents hommages, la vie est bien présente. On entend des rires entre les membres du personnel et des discussions somme toute banales des résidents. Difficile de croire que nous sommes dans un hôpital. Le hall d’entrée contient différentes vitrines dans lesquelles on a exposé des photos d’époque ou des objets fabriqués des mains des anciens combattants qui suivent des ateliers d’ébénisterie.

Au Canada, on célèbre le jour du Souvenir, anciennement appelé jour de l’Armistice, tous les 11 novembre à 11h, et ce depuis 1921, année où le Parlement du Canada a adopté la Loi du jour de l’Armistice. Dix ans après, on décide de séparer ces célébrations de celles de l’Action de grâce. Ce jour rend hommage à la fin de la Première Guerre mondiale et permet de se souvenir de ceux et de celles qui ont défendu la nation, au prix de leur vie.

L’Itinéraire a eu l’occasion de rencontrer quelques-uns de nos anciens combattants. Certains ont participé à la Première et à la Deuxième guerre mondiale et d’autres ont été en Afghanistan ou en Syrie. Entre l’Hôpital Sainte-Anne et une ride en moto, nous vous racontons leurs histoires.

Photo : Alexandra Guellil

« It’s a great day to be a soldier »

À chaque fois qu’il partait en mission, Gino Moretti (60 ans) écrivait une lettre à sa femme, Carole Quenneville (62 ans). Elle ne devait l’ouvrir que s’il lui arrivait quelque chose sur le terrain, que s’il ne rentrait pas à la maison. Gino Moretti n’a pas voulu confier ce qu’il lui écrivait. Sa femme ne le saura jamais puisque dès qu’il rentrait de mission, il détruisait l’enveloppe. Comme s’il fallait oublier des mots écrits dans un moment où il se demandait intérieurement s’il allait revenir à table partager un repas avec les siens.

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