Femmes en humour : à pas de géantes

Femmes en humour : à pas de géantes

Femmes en humour : à pas de géantes

Par Camille Teste

Les femmes en humour, c’est un peu comme dans le rap ou dans le sport : elles sont là depuis des années, réussissent avec brio, apportent beaucoup d’originalité à leur discipline, et pourtant, elles doivent encore, trop souvent, se justifier d’être là.

Elles s’appellent Cathy Gauthier, Mariana Mazza, Maude Landry, Katherine Levac, Rosalie Vaillancourt, Marie-Lyne Joncas, Korine Côté ou Marie-Lise Chouinard, elles remplissent des salles comme l’on fait leurs prédécesseures Lise Dion, Clémence Desrochers, Dominique Michel ou Rose Ouellette bien avant elles. Leur succès pourrait laisser penser que l’égalité des sexes, en humour, a bien été atteinte.

Mais est-ce vraiment le cas ? « Que ce soit dans les médias ou dans les spectacles d’humour, la majorité des créateurs sont encore des hommes, on n’est pas du tout dans la zone paritaire des 40 à 60 %, montre Julie Dufort, enseignante àl’École Nationale de l’humour (ENH). Pour autant, ça s’améliore. Par exemple, il y a de plus en plus de filles dans les promotions de l’ENH. »

Les femmes rient, les hommes font rire

Il faut dire que les femmes reviennent de loin. Culturellement, une humoriste, cela ne va pas de soi. « Historiquement, l’humour féminin n’est pas très bien vu, explique Christelle Paré, chercheuse postdoctorale à l’Université Saint-Paul d’Ottawa et enseignante à l’ENH. C’est un art qui s’est développé dans les cabarets. Or, ce n’est pas nécessairement l’endroit où on voulait voir des femmes dans le public et encore moins sur scène pour faire de l’humour. »

Première universitaire à s’être spécialisée dans l’industrie du rire au Québec, Mme Paré rappelle égalementque les stéréotypes de genres ont beaucoup ralenti l’entrée des femmes dans ce milieu-là.« Il y a longtemps eu une certaine idée de ce que devait faire une fille bien, à savoir ne pas rire trop fort, ne pas chercher l’attention et surtout pas en faisant rire les gens. Et puis, continue-t-elle, on a laissé aux hommes le privilège de faire rire comme outil de séduction. Le rôle des femmes, c’était plutôt de rire à leurs blagues. Dans le cas contraire, elles dérogeaient à l’ordre naturel des choses. »

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