ÉDITORIAL

Les empreintes que nous laissons

Mon iPhone 6s est déjà un dinosaure. Il n’a que 16 Go de capacité, donc sa mémoire devient rapidement saturée dès que je prends quelques photos en haute résolution ou que je télécharge une nouvelle application. La seule solution, c’est de l’échanger contre un appareil avec au moins 64 Go de mémoire… Alors, qu’adviendra-t-il de mon vieux cellulaire avec toutes ses composantes nocives pour l’environnement, et  ce, même si je l’envoie au recyclage?

S’il est un objet qui est extrêmement dommageable pour l’environnement, c’est bien le téléphone intelligent. Tout dans ce bidule rendu indispensable, voire qui a quasiment réduit à l’esclavage plus de 8,5 milliards de personnes partout au monde, laisse une immense empreinte dans la nature.

Pour fabriquer un seul téléphone, il faut extraire 70 kilos de matière première. Les métaux utilisés, surtout en alliages, sont difficiles à recycler. S’ajoute à cela le carburant qu’il faut pour son transport. Et que dire de sa courte durée – en moyenne, au bout de deux ans, il devient obsolète et on l’échange contre un modèle plus performant, même s’il fonctionne encore. Ceci dit, il est important d’apporter ses vieux portables – et autres appareils électroniques – au recyclage !

Par ailleurs, ma bagnole vieillit. Je songe à m’acheter une voiture électrique. Or il s’avère que la production de ces véhicules est jusqu’à deux fois plus polluante que les autos à essence. Encore là, la fabrication exige l’utilisation de nombreuses ressources naturelles, dont du graphite et le lithium, ce dernier pouvant être épuisé à l’échelle mondiale si toutes les voitures roulaient avec une batterie. Et que fait-on avec ces batteries à la fin de leur vie utile ?
Oui, je sais. Vaudrait mieux ne pas avoir de voiture…

Des empreintes partout

On ne s’en sort pas. Toutes les activités humaines ont un impact sur l’environnement, qu’elles soient vertes ou pas. Devenir végétarien pour diminuer l’impact du bétail sur l’environnement, de la déforestation au méthane qu’il produit causant des GES ? Cesser de manger des amandes, grandes consommatrices d’eau dans des régions où il en manque ? Arrêter d’acheter des produits avec de l’huile de palme parce que leurs plantations détruisent des millions d’hectares de forêts et menacent la survie d’animaux, dont l’orang-outan ? Que sommes-nous prêts à faire pour sauver l’humanité ?

À la lumière de toute l’information qui circule sur l’état de la planète, il y a de quoi désespérer. Or, il y a plein de gestes que l’on peut poser pour donner un coup de pouce à la Terre, qui arrive à son point de saturation, tout comme nos cellulaires.

En a-t-on vraiment besoin ?

Plutôt que de se dire que de toute façon, les petits gestes ne serviront pas à grand-chose, surtout si les grandes usines, les mines et les méga industries continuent de polluer, vaut mieux examiner la façon que l’on consomme. Si nous changeons nos habitudes d’achat et de consommation, cela va avoir un impact sur les industries polluantes. Moins il y aura de demande, moins il y aura d’offre.

Nous sommes rendus au point où il faut prendre action avant d’en arriver à celui de non-retour.
Et si la technologie est la grande coupable de nos problèmes environnementaux, elle pourrait aussi être salvatrice.

C’est ce que nous examinons dans notre dossier sur l’environnement. Vous y trouverez amplement de matière à méditer. Et surtout, de quoi nous inciter à changer notre façon de penser et de consommer.

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