ÉDITORIAL

Mille et une façons de s’aimer en 2018 

Photo : Charles Deluvio (unsplash)

Lorsque Milton, notre talentueux infographe a concocté la une, on l’a faite circuler parmi l’équipe pour recueillir les réactions de nos collègues. Tous, dont l’auteure de ces lignes, ont levé le sourcil. Avouez que ce pamplemousse en page couverture est l’un des plus sexy que vous ayez jamais vus !

Mais il n’en reste pas moins que c’est tout de même rien qu’un fruit. Ce n’est pas une photo de femme à demi-nue à la pose érotique, de petite fille maquillée à la moue aguichante ou d’un jeune homme imberbe au six pack huilé…

S’ils s’en trouvent pour s’offusquer à la vue d’images évocatrices de pamplemousses, de bananes et de poires, qu’en est-il de l’hypersexualisation des êtres humains ? Entre vous et moi, ça c’est pas mal plus offensant que des fruits.

Je vous demande ça comme ça, parce que l’idée de ce qui est « indécent » varie d’une personne à l’autre. Je serais bien intéressée de savoir ce que vous en pensez.

Diversité de valeurs

Couples straights, gais, bisexuels, relations ouvertes, polyamour, interraciales, interâges, platoniques, il y a autant de façons de s’aimer qu’il y a de personnes qui s’aiment.

On vit dans une société qui abrite une diversité de valeurs, lorsqu’il s’agit de sexualité et de relations amoureuses. L’amour et le sexe, des réalités partagées par tous les êtres humains sont interprétées de mille et une façons, selon les cultures et l’éducation de chacun.

Dans un monde idéal, le « vivre et laisser vivre » devrait toujours prévaloir dans la mesure où les personnes qui sont dans des relations « non conventionnelles » sont consentantes et s’épanouissent dans ce qu’elles vivent. On n’a pas à se mêler de ce que les adultes majeurs et vaccinés font dans leur vie privée.

Mais on peut quand même s’y intéresser et vous montrer comment on s’aime à l’ère des réseaux sociaux, comment on vit en couple lorsqu’on est sans-abri, ou encore comment on perçoit l’amour quand on n’est pas né dans le bon corps et qu’on veut changer de sexe.

Dans ce numéro, nos camelots donnent également leur opinion sur comment ils perçoivent le sexe et l’amour, allant du grivois au pudique, en passant par la fleur bleue et l’eau de rose. Comme quoi la diversité de points de vue est également présente dans ce microcosme qu’est L’Itinéraire.

Les tabous qui ont la vie dure

En 2018, surtout grâce aux réseaux sociaux, tout le monde a une opinion sur l’amour et le sexe. Et force est de constater que beaucoup de mentalités ont intérêt à évoluer !

Pourquoi en 2018, ce sont les filles qui sont traitées de sluts quand les garçons sont épargnés ? Pourquoi juge-t-on bizarre quelqu’un qui est encore vierge passé la vingtaine ? Pourquoi encore de nos jours, l’homophobie est toujours bien présente ?

D’ailleurs, j’ai été estomaquée par le commentaire d’une commerçante d’origine européenne que je connais qui m’a affirmé le plus candidement du monde que l’homosexualité était une maladie qu’il fallait guérir.

Cette opinion est tout de même marginale, à mon avis, mais les préjugés sur les orientations sexuelles ont la vie dure. J’écoutais récemment une entrevue à la radio de Radio-Canada avec l’ex-hockeyeur Georges Laraque qui parlait du tabou sur l’homosexualité dans la LNH et qui posait la question : « C’est quoi la différence entre être traité de tapette et être traité de nègre ? » Effectivement, le hockey a encore du chemin à faire pour se débarrasser de son image macho. À ce qu’on sache, l’orientation sexuelle n’empêche pas de bien jouer au hockey…

Et les asexuels ?

Par ailleurs, dans toute la panoplie des orientations sexuelles, il y a l’asexualité, un phénomène de plus en plus connu. Caractérisée par l’absence d’attirance sexuelle envers les autres, et soi-même, l’asexualité peut aussi être définie comme étant une non-orientation sexuelle. Beaucoup de gens vivent cette réalité, hommes comme femmes. Des chiffres officieux parlent de 1 personne sur 100 au Canada. Si un grand nombre de gens préfèrent cacher leur asexualité jugée honteuse par la société, d’autres l’affichent au grand jour et vont jusqu’à se regrouper en associations pour s’entraider et sensibiliser le monde à cette réalité. Précisons ici que l’absence d’attirance sexuelle n’exclut pas absence de sentiments amoureux. Beaucoup d’asexués vivent en couple ou aspirent de rencontrer l’âme sœur.

Parce qu’au bout du compte, n’est-ce pas ça l’amour ? Rencontrer l’âme sœur, peu importe sa couleur, son orientation, son âge et ses origines ?

Cet article intégral vous est offert gracieusement par L’Itinéraire.

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