EXTRA ANALYSE

Les immigrants sont-ils un fardeau ou un atout pour notre économie ?

Photo : convisum (123RF)

Geneviève Bertrand
Journaliste affectée à la version numérique

D’après le Conference Board du Canada, les immigrants constituent une ressource avantageuse. D’ailleurs, l’organisme fédéral prévoit une hausse de 50 % des nouveaux arrivants, passant sa cible actuelle de 300 000 à 450 000 par an selon trois scénarios établis en matière d’immigration pour les années à venir, jusqu’en 2040.

Si le Canada devait accepter ces 450 000 nouveaux arrivants par année, le PIB réel augmenterait en moyenne de 2,05 % par année, l'immigration contribuant à près du tiers de la croissance de l'économie, estime le Conference Board, dans un rapport publié le 2 octobre dernier. « L'immigration contribue grandement à l'économie canadienne, mais les obstacles sur le plan de l'emploi auxquels sont confrontés les nouveaux arrivants empêchent le Canada de tirer pleinement parti des avantages économiques », précise Kareem El-Assal, associée de recherche principale, Immigration, au Conference Board du Canada.

Plus de jeunes

La croissance du nombre de nouveaux arrivants, contribuant par le fait même à gonfler la population, se traduirait par une consommation accrue ainsi que plus de personnes sur le marché du travail, deux facteurs bénéfiques à l'économie. De surcroît, en raison de l’âge plus jeune des immigrants que la moyenne nationale, cela affectera la démographie et aura pour effet de stimuler l’économie tout en aidant à atténuer les défis économiques et budgétaires engendrés par les départs à la retraite des baby-boomers et le faible taux de natalité.

Les immigrants auraient probablement moins recours aux soins de santé, car ils sont environ 12 ans plus jeunes que la population moyenne. Cela signifie donc qu’ils aideraient à réduire les pressions budgétaires qui s’exercent sur le réseau des soins de santé.

Par contre, des contraintes économiques et budgétaires pourraient émerger si la hausse des niveaux d'immigration s’intensifie. C’est pourquoi le Canada doit s’adapter aux défis liés au marché du travail afin que les immigrants puissent s’acclimater. Puisque le sous-emploi se traduit par une perte approximative annuelle de 12,7 G $ en salaires pour les immigrants, la croissance économique canadienne subit les conséquences d'une perte de productivité, d'une baisse des recettes fiscales et d'une réduction du pouvoir d'achat des immigrants, selon un précédent rapport du Conference Board.

Des meilleurs emplois

Toujours selon le Conference Board, afin que les immigrants génèrent une activité économique et des recettes gouvernementales suffisantes pour contribuer aux programmes de protection sociale qui soutiennent le niveau de vie élevé du pays, il faudra veiller à ce qu’ils aient de bonnes perspectives d’emploi. Enfin, et surtout, il faut conserver l’appui du public canadien à l’égard de l’immigration.

Malgré les multiples tentatives des nouveaux arrivants à cogner aux portes des employeurs, il ne faut pas sous-estimer les obstacles auxquels ils sont confrontés : la non-expérience canadienne, la reconnaissance des acquis et des compétences, les ordres professionnels, les craintes de certains employeurs, le racisme et la discrimination.

Photo : yelo34 (123RF)

Premiers pas en sol québécois

Parmi les nombreux organismes qui viennent en aide aux immigrants, l’Accueil liaison pour arrivants (ALPA) leur propose des cours de langue, de l’assistance au quotidien, de l’aide à la recherche d’emploi et des services à l’intention des réfugiés. Au cours de la dernière année, l’équipe a prêté main-forte à 450 nouveaux immigrants. En mars dernier, 206 personnes avaient complété le programme d’ALPA d’intégration au marché du travail. De ce nombre, 50 % ont trouvé un emploi, 24 % ont opté pour un retour aux études et 3 % se sont dirigés vers un programme leur permettant de se rapprocher de leur objectif professionnel.

Témoignages de l’ALPA

Les premiers pas en sol québécois d’Igor, originaire du Bénin, se sont faits entre la stupéfaction et la peur. Aidé par une conseillère en emploi de l’ALPA, Igor a pu décrocher une première entrevue qui a finalement abouti à sa première job, à peine trois mois après son arrivée. « Je travaille aujourd’hui dans le domaine de l’aéronautique, à titre d’inspecteur qualité, dans la ville de Granby », se réjouit-il.

Pour sa part, Aïssa doit relever le défi de se faire accréditer sa formation pourtant acquise dans son pays d’origine, le Burkina Faso, ce qui se révèle un casse-tête. Mais elle obtient de l’aide de l’organisme d’insertion sociale. « Ma conseillère en emploi chez ALPA m’a beaucoup aidée à me préparer aux entrevues. Elle m’a aussi accompagnée dans mes démarches auprès de l’Ordre des infirmières et pour m’inscrire à une formation de mise à niveau pour la profession d’infirmière. »

 

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