ÉDITORIAL

Ça prend un village

Photo : 123RF

Par Josée Panet-Raymond

Rédactrice en chef

En Afrique, on dit qu’il faut un village pour élever un enfant. Ici au Québec, on a divers villages, à populations et cultures variables pour prendre soin de nos enfants.

Il y a des villages qui s’appellent « familles », qu’elles soient nucléaires, monoparentales, reconstituées ou élargies qui existent pour aimer nos enfants et veiller à leur éducation.

Des villages qui s’appellent « écoles », qui, en plus d’instruire nos jeunes, jouent de plus en plus le rôle de les éduquer.

D’autres villages s’appellent « quartiers » où l’on garde un oeil sur nos flots pour les protéger des autos qui passent trop vite ou encore des personnages louches qui peuvent rôder dans les parages.

De tous ces villages, aucun n’est parfait, bien évidemment. Si certains sont des modèles, qui élèvent les enfants pour en faire des adultes équilibrés, en bonne santé mentale et physique, d’autres – et c’est la majorité – font ce qu’ils peuvent avec le meilleur de leurs capacités. Ils éduquent des enfants relativement équilibrés, relativement en bonne santé mentale et physique. Et puis, il y a de ces villages où il existe de grandes carences, des éléments inaptes, des gens malades ou carrément pourris, qui sont incapables d’offrir ce qu’il y a de mieux à leurs enfants, que ça soit sur une base temporaire ou permanente.

Un gros village

Pour ce dernier village, il en existe un autre, un très gros celui-là, qui s’occupe de ses enfants abusés, négligés et mal traités qui s’appelle Direction de la protection de la jeunesse. Fondé à la fin des années 1970, ce village a beaucoup grandi au fil des années. Sa population a augmenté, tout comme la complexité de son système.

Depuis toujours, la DPJ est pointée du doigt pour sa lenteur d’agir, son manque d’effectifs, sa bureaucratie pesante et est souvent perçue comme étant indifférente à la souffrance des enfants et de leurs familles. Si ces critiques ne sont pas toujours justifiées, elles sont parfois méritées. À l’image de l’État qui alimente cette grosse machine, la DPJ est victime de coupures budgétaires, de réductions de postes, de pénurie de travailleurs sociaux qui ploient sous la charge de cas lourds et urgents.

Cependant, il serait injuste de dire que tout va mal à la DPJ. Elle est composée d’êtres humains dont beaucoup ont comme vocation d’aider et de soutenir les enfants qu’ils ont à charge. D’aucuns ne peuvent affirmer que des travailleurs sociaux ne prennent pas leur boulot à coeur, qu’ils n’aiment pas les enfants ou ne font pas de leur mieux dans des circonstances difficiles. Il s’agit de comprendre que c’est du cas par cas pour éviter de tomber dans des généralités.

Suggéré par un de nos camelots

Si nous parlons de la DPJ dans cette édition, c’est parce que l’un de nos camelots, Yannick Larouche, nous l’a suggéré comme sujet de société. Yannick tenait depuis un certain temps à relater ses expériences avec la Direction de la protection de la jeunesse et celles de gens qu’il connaît. D’autant plus qu’un grand nombre de nos camelots sont d’anciens « enfants de la DPJ ». Leurs récits sont touchants, troublants et nous font comprendre pourquoi ils en sont arrivés là où ils sont.

De notre côté, à la rédaction, nous avons voulu offrir à nos lecteurs une vue d’ensemble de la DPJ, qui se veut la plus objective possible.

Dans nos pages vous pourrez donc avoir une idée de comment fonctionne cette grosse machine, aux rouages complexes et parfois mal ajustés aux besoins des familles peu outillées pour élever leurs enfants, mais qui arrive néanmoins à obtenir de bons résultats.

Les témoignages qui sont offerts dans notre dossier reflètent les opinions et les réalités des gens qui les ont fournies, telles qu’ils les vivent, sans jugement ou censure de notre part.

Cet article intégral vous est offert gracieusement L’Itinéraire.

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