ÉDITORIAL

On n’a plus les « vieux » qu’on avait !

Photo : Advanced Style Older & Wiser / Ari Seth Cohen / Powerhouse Books

Par Josée Panet-Raymond

Rédactrice en chef

 

Lors de la planification des thèmes que nous aborderons dans L’Itinéraire tout au long de l’année, j’ai tenu à ce que l’on fasse un dossier sur ce que ça voulait dire d’être « vieux ». Je partais de la prémisse qu’on n’a plus les « vieux » qu’on avait. Il y a en effet une différence marquée entre les aînés en 2017 et ceux de la génération précédente. Plus actifs et ayant une espérance de vie plus longue, les 65 ans et plus sont davantage instruits, ouverts et « modernes » que leurs parents.

La génération pré-boomers et celle du début du boom (post Deuxième Guerre mondiale) adoptaient – pour la plupart – une mentalité, une apparence, des goûts culturels généralement

« vieux ». Si, à l’époque, il était mal vu pour une femme de porter des jeans après un certain âge ou encore de s’intéresser à la musique qu’écoutaient ses enfants, il en est tout autre aujourd’hui pour grand nombre d’aînés. Quelques exemples ? Mick Jagger, Béatrice Picard, Nanette Workman, Patrick Normand qui ont tous franchi le cap des 70 ans en gardant le coeur jeune. Et c’est comme ça que ça devrait être pour tout le monde. Bien que vieillir est inéluctable, ça ne veut pas dire qu’on doive arrêter de progresser, de se renouveler, d’apprendre.

Bien sûr, on s’entend que les conditions de vie et la santé influencent le vieillissement, mais en général, si vous parlez aux gens de 65 ans, peu vous diront qu’ils se sentent vieux.

Garder l’étincelle

Une amie de 80 ans, que j’admire beaucoup parce qu’elle garde bien vivante l’étincelle de vie en sortant, en faisant du sport, en voyageant et en ne se privant pas d’une vie amoureuse active, m’a dit que vieillir, c’est dans la tête. Mais elle rajoute du même souffle qu’il ne faut pas se leurrer, à cet âge, on se fatigue plus vite, les genoux ne se déplient plus aussi facilement qu’avant et parfois, la tête et le corps ne s’entendent pas…

C’est un peu elle qui a inspiré ce dossier.

 

Angelo Gallani Rimini, Italy Photo du film : Advanced Style

Quand devient-on vieux ?

Sarah Jane Adams, Australie Photo du film : Advanced Style

Je me suis amusée à poser la question « à quel âge devient-on vieux ? » à plusieurs personnes de différents groupes d’âge, et plus elles étaient jeunes, plus elles disaient qu’on est vieux tôt. Quand on a 20 ans, 50 ans c’est vieux !! J’avoue que lorsque j’entamais ma vie d’adulte, être quinquagénaire rimait avec mamie et papy… Or, plus j’avançais en années et plus l’âge de la vieillesse était repoussé. Aujourd’hui, j’estime qu’on commence à être vieux à 80 ans… et encore.

Les aînés du Québec d’aujourd’hui, au nombre d’un peu plus de 1,5 million, représentent environ 18 % de la population, soit une personne sur six. Et cette proportion va grimper à 20,5 % en 2021 et à 28,5 % en 2061 ! Quelle place vont-ils occuper dans notre société ?

De plus, il serait intéressant de savoir comment sont perçues les personnes âgées par les générations plus jeunes. Sont-elles bonnes pour être mises au rancart dans des centres d’hébergement où on mange et on s’habille mou, ou sont-elles plutôt des personnes qui ont une expérience de vie qui peut profiter à la société ?

Au Québec, voire en Amérique du Nord, il existe encore des perceptions négatives sur l’utilité des personnes âgées dans la société. On aurait intérêt à imiter les cultures autochtones et orientales qui portent leurs aînés en haute estime. Car sinon… ça sert à quoi de vieillir ? Tous les groupes d’âge peuvent bénéficier de l’expérience, de l’énergie, de la créativité des uns et des autres. Je crois qu’on devrait trouver une façon de rétrécir encore plus le fossé entre les générations. 

Il y a tellement de sagesse dans les pages qui suivent. Nos camelots, qui ont écrit de très beaux textes, partagent le fruit de leurs expériences. Notre journaliste Alexandra Guellil a sondé le phénomène du vieillissement avec différents interlocuteurs afin de présenter une diversité de points de vue. Ianik Marcil aborde la question avec intelligence et nous fait réfléchir sur la façon dont on perçoit la vieillesse dans notre culture.

Il ne reste qu’à savoir : vous, comment voyez-vous le vieillissement ? Il serait intéressant que vous nous le laissiez savoir. Écrivez-nous. On aime ça vous lire !

 

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