ÉDITORIAL

Une célébration des camelots du monde

Par Josée Panet-Raymond, rédactrice en chef

 

À tout moment de la journée, il y a plus de 10 000 camelots qui vendent leur journal de rue dans le monde. Qu’ils soient à Montréal, Vancouver, Hambourg, Manchester, Dallas ou Copenhague, ce sont 27 000 camelots qui ont pu gagner dignement un revenu en vendant près de 23,5 millions de journaux de rue à l’échelle mondiale, atteignant ainsi 5,8 millions de lecteurs. Au total, l’an dernier, ils ont gagné  41 millions $C.

Mais au-delà des chiffres, il y a des personnes qui ont vécu une expérience marquante et transformante en devenant camelot pour un journal de rue. Tous les jours, nous sommes témoins de ces changements de vies. Combien de fois a-t-on entendu que « L’Itinéraire a sauvé ma vie » ou encore « je ne sais pas où je serais si vous n’aviez pas été là ».  

Tous les jours, nous sommes témoin de gens qui sortent de la rue pour enfin pouvoir dormir dans un lit bien à eux. De gens qui surmontent leurs dépendances à l’alcool et aux drogues. Des gens qui renouent avec leur famille. Des gens qui sont fiers de travailler dignement plutôt que de mendier dans la rue. Ces gens, nos camelots, participent aussi collectivement à permettre à d’autres comme eux de sortir de l’ombre et de faire partie d’un groupe qui se tient et qui s’épaule.

Ce qui nous rassemble

Tous les jours, cela se vit aussi à l’échelle planétaire. Grâce à l’INSP, le réseau international des journaux de rue dont nous sommes membres, on peut lire des témoignages des autres camelots de la centaine de journaux publiés en 24 langues.  

Désormais, on se rapproche également davantage grâce à la technologie. Skype et internet ont ouvert grands les canaux de communications, comme vous pourrez le découvrir dans les pages de cette édition qui souligne en grand la Semaine internationale des camelots. Les entrevues vidéo entre notre James, et John de Portland, ainsi que celle entre Mostapha à Montréal et Olivier à Genève, mettent en lumière tout ce qui nous rassemble et nous ressemble. Car si les réalités sont parfois différentes aux États-Unis et en Europe, la pauvreté, la marginalisation et l’itinérance n’ont pas de frontières. L’amour, le courage et l’entraide non plus.

Ces vendeurs de journaux de rue sont le visage de la résilience et de la volonté de s’en sortir.

Pour eux tous, cette semaine qui leur est dédiée est une occasion de faire reconnaître leur travail et leurs grandes et petites victoires quotidiennes.

 

Cet article intégral vous est offert gracieusement par L’Itinéraire.

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