EDITORIAL

Une job, c’pas juste une job

Photo : Wikipedia Commons

par Christine Richard

 

Depuis toujours, j’ai cherché à m’intégrer dans des emplois qui me permettaient de donner du sens à mon travail. Travailler pour une cause, œuvrer pour le bien commun, voilà de quoi allier raison et motivation pour une passionnée comme moi ! J’y ai rencontré des gens formidables, engagés dans toutes sortes de causes. Mais ne nous leurrons pas, travailler pour une mission sociale ne nous exempte pas des aléas du marché du travail. J’y ai aussi vu et entendu toutes sortes d’histoires d’horreur.

En tant qu’employeur, je me questionne chaque jour sur les moyens de valoriser le capital humain de mon organisation. Je me fais un devoir de le faire. Je connais l’importance de donner un sens à son travail, et je tiens à offrir la même chose à mes employés. Je sais aussi que se sentir valorisé est un élément essentiel pour y être heureux. Je m’efforce, chaque fois qu’un employé accomplit quelque chose, de le féliciter devant tous et chacun. Mon équipe représente pour moi une fierté et je pense d’ailleurs qu’elle le sait.

Même si les dirigeants commencent à être conscients de l’importance du capital humain dans une entreprise, ceux qui prennent vraiment attention à la qualité de vie de leurs employés se font qualifier de visionnaires. Alors que ce devrait être la norme. Pourquoi donc des entrepreneurs continuent à se saboter en n’offrant pas à leurs employés un milieu de travail propre à leur épanouissement ? Force est de constater qu’encore aujourd’hui, le goût du pouvoir est si fort pour certains qu’il supplante même le souci d’harmoniser les relations humaines ou encore celui d’être rentable ou concurrentiel. C’est ce goût du pouvoir qui prend toute la place.

Levez la main celles et ceux qui n’ont jamais vécu ni harcèlement psychologique, ni intimidation sur leurs lieux de travail. Pourtant, on dit que le travail, c’est la santé. De nombreuses études prouvent que les travailleurs sont en meilleure santé mentale. Le travail sécurise par l’accessibilité à un revenu. Il permet de nouer des liens sociaux ainsi que de développer des habiletés et de l’estime de soi.

Pourtant, implantée depuis 2004 au Québec, la loi sur le harcèlement en milieu de travail prouve le côté sombre du marché du travail. Selon la Commission de la santé mentale du Canada, près du quart de la population canadienne vit des problèmes de santé mentale au travail. Au Canada, plus de 30 % des demandes de remboursement pour incapacité transmises aux compagnies d’assurances sont liées à des maladies mentales.

Les troubles anxieux et la dépression figurent parmi les maladies mentales les plus fréquentes dans les milieux de travail. Le syndrome d’épuisement professionnel, communément appelé « burn-out », est aussi fréquemment observé. Certains facteurs de risque liés aux conditions de travail peuvent causer certaines maladies mentales : surcharge de travail, manque de soutien et de reconnaissance, manque d’autonomie, manque de communication et d’information, relations tendues dans le milieu de travail (harcèlement psychologique, par exemple), manque de précision dans les consignes et les mandats.

Peu importe le type d’entreprise, il est grand temps que les dirigeants comprennent l’importance des humains qui œuvrent à ce que la mission de leur organisation tourne rond. Un employé motivé, c’est un employé en santé, qui en fait plus que le client en demande, qui affiche avec fierté son appartenance à l’organisation, en qui on peut faire confiance, qui participe au développement de l’entreprise car il est prêt à mettre l’épaule à la roue en matière de recherche et d’innovation et qui reste dans l’entreprise, assurant ainsi une rétention de l’expertise acquise. Vous l’avez compris, avant même le produit ou le service à vendre, c’est l’humain qui représente la plus grande richesse d’un employeur.

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