EXTRA AQUAHACKING 2016

Entrevue avec Mylène Paquette, membre du jury du Défi AquaHacking

par Geneviève Bertrand

 

Lors de ce Sommet, L’Itinéraire a pu rencontrer la courageuse Mylène Paquette, membre du jury du Défi AquaHacking qui a également offert une conférence sur l’importance de la technologie lors de son odyssée.

Photos : Mario Alberto Reyes Zamora

Traverser à la rame l’océan Atlantique peu conciliant en solitaire, voilà le défi titanesque qu’a relevé Mylène Paquette malgré sa phobie. « Moi j'ai peur de l'eau; je n'aime pas me baigner mais je n'ai pas de craintes lorsque je suis sur un bateau. J'ai chaviré à quelques reprises, mais je n'étais pas dans l'eau; j'étais dans l'habitacle. Ça a bien été, j'étais bien préparée », assure-t-elle. Après cinq ans d’efforts acharnés, la Montréalaise de 37 ans a réalisé son odyssée en 129 jours au cours de l’été et l’automne 2013. Depuis son retour sur terre ferme, Mylène partage son extraordinaire aventure par le biais de conférences, tant en milieu entrepreneurial, scolaire que devant le grand public.

« J’ai accepté de faire partie du jury, car en tant que navigatrice et utilisatrice de la voie maritime, on avait besoin de mon angle de vue autant pour les entreprises présentes que pour les usagers du fleuve, indique Mylène Paquette. Je crois que les enfants de la Fondation de Gaspé Beaubien voulaient faire cette œuvre philanthropique autour du fleuve car il appartient à tous les citoyens. Ils ont choisi ce cheval de bataille-là. Développer des technologies autour du fleuve, je crois que c'est un beau mariage; deux sphères d'activité qui sont plus reliées qu'on ne le pense car il y a énormément de technologies dans le domaine de la navigation. »

Ambassadrice du fleuve Saint-Laurent pour la Fondation David Suzuki, elle continue d’en faire la promotion. « Quand on rapproche les gens à l'eau, on est plus intéressé et influencé pour protéger et prendre conscience de nos actions, donc c'est un projet d'envergure, admet-elle. L'influence que j'aimerais apporter c'est à la fois de préserver le fleuve, et de s'y intéresser le plus possible. Si le fleuve est malade, c'est notre santé qui est directement atteinte. Le fleuve c'est un beau berceau et ça peut permettre aux gens de vivre leur passion. » 

Voguer seule sur les eaux parfois peu hospitalières de la haute mer tout en devant affronter de violentes intempéries a fait d'elle un modèle de courage et de persévérance aux yeux de plusieurs. Une chance que la technologie lui a servi de lien avec le monde terrestre et a pu l’aider à trouver son chemin lors de cette grande traversée historique. Pour Mylène Paquette, faire converger le numérique aux grands cours d’eau est maintenant indissociable.