ÉDITORIAL

Passez le message, svp !

Le camelot Michel Marcil lors de Camelot d'un jour 2015. Photo : Grégory Rouvelin

Bien plus qu’un magazine

Le magazine, c’est le moteur du Groupe communautaire L’Itinéraire. Mais on offre plus que l’opportunité de vendre la revue. Effectivement, nos camelots sont nombreux à profiter des nombreux services d’aide alimentaire, de soutien au logement, d’intervention psychosociale. Ils trouvent à L’Itinéraire un sentiment d’appartenance autour d’un café ou d’un repas à prix modique. De plus, beaucoup suivent ici des formations en informatique, prennent des cours de français, participent à des ateliers de tous genres et écrivent dans le magazine. D’ailleurs, ils rédigent la moitié du contenu de L’Itinéraire. Outre les mots de camelots et chroniques libres, des reportages et entrevues bien fouillés sont réalisés par nos participants, soutenus par notre équipe et des journalistes professionnels bénévoles.

Et leur magazine, ils le brandissent fièrement aux passants. Malheureusement, encore trop d’entre eux font preuve d’indifférence ou encore d’évitement. On se demande ce que pensent ces gens qui font semblant de ne pas les voir. Peut-être pouvez-vous nous aider en passant le message ? Dites-leur que le magazine n’est qu’un des outils mis à leur disposition pour leur permettre de sortir de l’exclusion sociale, de réduire leur vulnérabilité économique et de s’autonomiser.

D’ici là, rendez-vous sur la page de Camelot d'un jour pour connaître les vedettes qui ont si généreusement accepté de faire équipe avec nos camelots et découvrir où vous pourrez aller les rencontrer.

 

Cet article intégral vous est offert gracieusement par L’Itinéraire. Vous en voulez plus? Passez voir votre camelot ou participez à l'aide à la rédaction en offrant un don.

J’ai tâté le terrain auprès de quelques-uns de nos camelots pour savoir quelle était la proportion des gens qui passaient sans les regarder lorsqu’ils étaient sur leur « spot » de vente. Selon la plupart, beaucoup de gens font preuve d’indifférence à leur égard. « C’est comme si on était invisible », disait l’un d’entre eux. Heureusement que des gens comme vous prenez la peine de s’arrêter, d’acheter le magazine et de jaser un peu avec les camelots.

Si la plupart de nos camelots sont aguerris et ne font pas trop cas de ceux qui les traitent comme s’ils étaient des fantômes, ils affirment tous sans exception que lorsqu’ils disent « bonjour » ou scandent le contenu du magazine aux passants et que ceux-ci les contournent sciemment, « ça fait un peu mal ».

« Je me dis que personne n’est obligé d’acheter L’Itinéraire, dit l’une de nos camelots. C’est un pays libre. J’aime mieux qu’on m’ignore que l’on me dise des bêtises », relativise-t-elle.

Cependant, rien n’est pire que l’indifférence. La haine ? Le mépris ? Non, l’indifférence c’est pire encore. C’est l’absence de reconnaissance de l’autre, de sa valeur, voire même de son existence. Le Larousse propose d’ailleurs cette définition au mot  indifférence : « État, sentiment de quelqu'un qui ne se sent pas concerné, touché par quelque chose, ou qui n'accorde aucune attention, aucun intérêt à quelqu'un, à quelque chose ».

Pouvez-vous vous imaginer vivre dans un monde comme ça ? Moi non plus.

Ne pas se sentir concerné par nos concitoyens qui surmontent de grands obstacles dans leur vie et travaillent pour améliorer leur sort ? Pour nous ici à L’Itinéraire, et pour des gens comme vous, c’est impensable.

C’est pour cela, et aussi pour sensibiliser les gens au fait que L’Itinéraire c’est bien plus qu’un magazine, que nous tenons notre événement phare Camelot d’un jour. Le 22 septembre, des personnalités bien connues seront jumelées avec des camelots pour vendre le magazine dans les rues du centre-ville de Montréal. Cette année l’événement se déroulera aussi dans plusieurs autres villes du Québec où L’Itinéraire est distribué. Les journaux de rues de Sherbrooke et de Gatineau participeront aussi.