Les meilleurs textes de 2016

Les nommés de la catégorie « Meilleure chronique libre ». De g. à d., Guy, Gilles, Lorraine, Michel, et Yves.Photo : Mario Alberto Reyes Zamora

Comme à chaque année à l’occasion de Noël, L’Itinéraire a félicité ses participants qui s’investissent tout au long de l’année dans la rédaction des pages du magazine. Jeanne Painchaud (poète) Monique Proulx (écrivaine), André Ducharme (journaliste) et Patrick Lagacé (chroniqueur) se sont ainsi vus confier la difficile tâche de départager les rédacteurs de L’Itinéraire. Ils ont également eu la sympathique attention de leur adresser à chacun un petit mot.

Meilleur mot de camelot

Gaetan V.

Gaétan Vaillancourt

S’occuper de sa santé quand on est dans la rue

15 juin 2016

Lire le meilleur mot de camelot 2016 >

Josée Panet-Raymond, Jeanne Painchaud et Monique Proulx. Photo : Mario Alberto Reyes Zamora

Il y a des :

maux de dos

maux de jambes

maux de bras

grippes à répétition

champignons aux orteils

virus, dépression

engelures aux pieds…

 

Mais, ouf, il y a :

le sirop pour la toux

les médicaments

les missions

la chaleur d’un logement

sans oublier L’Itinéraire

Et, Gaétan,

Il y a surtout tous vos mots

Pour mettre un baume sur la douleur du monde.

 

Santé !

 

Jeanne Painchaud

Meilleure chronique libre

Lorraine Sylvain

Le vase de pierre

15 janvier 2016

Lire la meilleure chronique libre 2016 >

Monique Proulx et Lorraine Sylvain à la remise des prix. Photo : Mario Alberto Reyes Zamora

Jamais une chronique « libre » n'aura mieux porté son nom.

Ce très beau texte de Lorraine Sylvain, généreux et inspiré, nous fait voyager dans le temps et l'espace avec une audace maîtrisée, multipliant les univers par petites touches saisissantes. Nous commençons le périple aux pieds d'un Mont-Royal plus vieux de 125 millions d'années, puis nous voici dans une shop de tissus souples et de vêtements de femmes où il fait bon et chaud, pour hop ! nous retrouver sans ménagement au coin de Sainte-Catherine et Peel en train de vendre  l'Itinéraire et de grelotter sous une vieille affiche des Beatles, avant d'être catapulté dans un rêve effrayant de petite fille perdue dans un univers minéral où les vases de pierre avalent les humains. Mais ce voyage initiatique est notre voyage à tous, nous perdus à des degrés divers dans la ville froide et minérale aux pieds de la montagne, et ce voyage finit bien, car Lorraine nous ressuscite avec elle, dans l'acceptation et la sagesse, dans la beauté de ses images et de ses mots. Elle écrit : « Comme vous, je suis la rosée qui caresse la ville, notre ballet creuse sans fin un sillon dans la pierre, ce qui semblait un tombeau se révèle la caverne de l'ancien humain que nous portons tous à l'intérieur de nous ».

Bravo, Lorraine, pour ce voyage inspirant, pour ce texte magnifique.

 

Monique Proulx  

 

Meilleur article société

Mathieu T.

Mathieu Thériault

Thérapie par la confrontation : Fermer Mélaric, une bonne nouvelle pour les dépendants !

15 mars 2016

Lire le meilleur article société 2016 >

Photo : Courtoisie

Ce texte m’a soufflé par sa pertinence, par le contre-pied qu’il incarne et la question qu’il soulève sur l’efficacité des méthodes employées dans certaines thérapies pour dépendants. Documenté et incarné, ce texte m’a touché.

 

Patrick Lagacé

 

Meilleure chronique culturelle

Mostapha G.

Mostapha

Rhapsodie québécoise d’Akos Verboczy : Des pistes pour une intégration accomplie

1er mai 2016

Lire la meilleure chronique culturelle 2016 >

Photo : Milton Fernandes

Un autre monde est en marche…

À l’opposé du chroniqueur qui, en « roi de la place », propage ses humeurs comme il l’entend, Mostapha Glillah n’adopte pas la posture de surplomb ni le ton du procureur pour aborder son sujet ; il le fait à hauteur d’homme. En l’occurrence ici à hauteur d’Akos Verboczy qui, dans son autoportrait piquant et tendre comme une châtaigne – Rhapsodie québécoise : itinéraire d’un enfant de la loi 101 – soumet des solutions pour une meilleure intégration des immigrants.

En puisant à son expérience personnelle, Mostapha ajoute des compléments minéraux à une chronique qui n’aurait pu être qu’une recension de livre. Frontalement et sans chichi, il connecte sa propre histoire d’immigrant à celle de Verboczy, leurs trajectoires se croisant à quelques intersections. C’est ce qui fait la force et la pertinence de son article rédigé avec acuité et franchise et pour lequel il a façonné une conclusion sous forme de métaphore où la terre d’accueil est comparée à une partenaire de tango.

Mostapha montre que la réalité des immigrants n’est pas la même pour tous, que les enjeux et attitudes, la quête de racines et d’identité diffèrent d’un être à l’autre. 

Avec son texte où l’intime rencontre l’universel, l’auteur mérite amplement de remporter le premier prix dans la catégorie Chronique culturelle. Bravo Mostapha, et merci !

 

André Ducharme