Titre
FERMER CETTE FENÊTRE
   Accueil  |  S'inscrire à notre bulletin  |  Nous joindre  |  FAQ  |  Plan du site
Accueil de L'itinéraire Vous avez le don de faire une différence
Accueil de L'itinéraire Le magazine L'Itinéraire Le Groupe  L'Itinéraire De a à b
Infocommode.org
Le trottoir des célébrités ParcoDon

Géotourisme

Educalcool

Caisse du Quartier-Latin de Montréal

Content on this page requires a newer version of Adobe Flash Player.

Get Adobe Flash player





Actualité et vie urbaine -À la une

Ricardo, inspirant, résilient et engagé
Audrey Coté, rédactrice en chef - 1er mars 2010


Audrey Coté Qui pourrait imaginer que le sympathique cuisinier qui partage ses meilleures recettes tous les jours à la télévision de Radio-Canada a déjà été un exclu, rejeté et harcelé par ses pairs à l’école? Ricardo Larrivée est un livre ouvert. C’est dans ce qui constituait la voûte d’une ancienne Caisse populaire Desjardins de Longueuil, devenue aujourd’hui le siège social de l’entreprise Ricardo Média, que l’affable cuisinier s’est dévoilé à L’Itinéraire.

Ricardo, une vedette, un homme que plusieurs femmes rêveraient d’avoir dans leur vie, sinon dans leur cuisine? «Bof, ce que le public aime, lance-t-il sans ciller, c’est surtout ce que je représente : un gars de bonne humeur qui explique ses recettes simplement, apprécie la vie et aime s’occuper de sa blonde et de sa famille. Et puis le vedettariat peut exister seulement quand tu ne connais pas la personne. Le soir, je fais la même chose que tout le monde : j’ai une routine quotidienne. Je considère que ma vie est comme celle de tout le monde. Par contre, ce qui est extraordinaire, c’est que j’ai réalisé mes rêves grâce à ma femme Brigitte.»

Il y a seize ans, Ricardo a épousé Brigitte Coutu, une nutritionniste qui, dit-il, l’a aidé à canaliser ses énergies pour se réaliser pleinement à travers sa double passion pour la communication et la cuisine. Le couple est inséparable dans la vie comme en affaires. Il anime et cuisine, elle conseille et administre. «J’avoue que je ne sais même pas combien je gagne par année. Ça ne m’intéresse pas. Brigitte s’occupe de tout ce qui est business et j’ai une totale confiance en elle.»

Ricardo Larrivée
Ricardo Larrivée
Photos : Christian tremblay
Ricardo résilient
La vie de Ricardo avant Brigitte n’a pas été facile. Enfant, il souffre de l’alcoolisme de son père qui fait vivre un véritable enfer psychologique à sa famille. «Mon père buvait un 40 onces par jour, sept jours sur sept en revenant du travail. Le soir, on passait au cash. Il était violent verbalement et c’était l’enfer.» Selon lui, c’est grâce à la présence aimante de sa mère et de sa grand-mère qu’il est parvenu à garder son équilibre et à ne pas reproduire le modèle paternel. «Mon pattern amoureux n’était pas compliqué. Je voulais être à l’opposé de mon père. C’était sûr que je n’allais pas boire et que je rêvais de donner mon chèque de paie la femme que j’aimerais.» Le cuisinier se considère comme un être résilient, qui a trouvé la force de rebondir face à l’adversité.

Ricardo a dû se bagarrer pour faire sa place au soleil. Au secondaire, son physique frêle et sa maladresse sportive font de lui le souffre-douleur des autres garçons. «J’ai tellement braillé tous les jours. Mes parents m’avaient envoyé dans un collège privé et je leur demandais ce que je leur avais fait pour qu’ils m’envoient là. Je voulais juste disparaître, ne plus exister, me fondre dans la masse», se souvient-il.

Un jour, Ricardo prend conscience que sa vie doit changer. «Je me souviens du jour où je me suis dit que je voulais être heureux dans la vie. Alors, j’ai commencé à observer les autres, à constater que je n’étais ni pire, ni mieux qu’eux et que je devais me faire respecter.» Deux de ses amis, qui sont toujours proches de lui aujourd’hui, lui montrent alors à jouer au base-ball et au hockey afin qu’il passe inaperçu et qu’on cesse de le harceler.

Entre-temps, Ricardo développe sa force de frappe… oratoire. Il se met à étudier les faiblesses des «forts» qui l’écrasent et apprend à se battre avec les mots. Il décide de ne plus avoir peur. «J’ai compris que je ne serais jamais capable de me battre physiquement, mais que je pouvais trouver des réponses pour intimider ceux qui étaient sur mon dos. Je m’arrangeais pour trouver des réponses qui ne puissent plus permettre aux autres de me rentrer dedans. Et ça a fonctionné. J’ai intimidé le plus fort de mes bourreaux devant tout le monde et il a cessé de me harceler», confie-t-il avec une candeur désarmante.

Lentement, mais sûrement, Ricardo se reconstruit et sa vie s’améliore à un point tel que c’est lui qui devient la «vedette» de l’école. Il fait rire les autres et surtout, il se porte à la défense de ceux qui subissent le calvaire qu’il a connu. «Il était clair que je ne voulais jamais faire souffrir les autres comme moi j’avais souffert et que je protégerais les plus faibles.» À la fin du secondaire, comme il n’aime pas l’école et n’est pas un intellectuel, il songe à décrocher jusqu’à ce qu’un professeur lui parle de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Il n’a pas nécessairement de bonnes notes, mais sa personnalité fait pencher la balance en sa faveur. «L’ITHQ, affirme-t-il, m’a empêché de devenir un drop out. Moi, j’étais plus manuel. Il fallait que je voie tout de suite un résultat. Je m’identifie beaucoup aux jeunes gars qui haïssent l’école. J’ai haï l’école de la maternelle au secondaire cinq. Il n’y a pas une journée que j’ai aimée… Si t’es pas standard, c’est très difficile.» Selon lui, le système d’éducation devrait mettre au programme des cours de cuisine obligatoires de la maternelle au secondaire cinq afin de prévenir le décrochage et d’éduquer les jeunes à l’importance d’une bonne alimentation.

Ricardo familial

La famille est au cœur des préoccupations quotidiennes de Ricardo. Même s’il adore son métier, sa femme et ses trois filles passent avant tout. Il y a quelques années, sa femme a été frappée par un cancer et il a pris le risque de perdre son émission quotidienne à Radio-Canada en proposant d’en déménager le tournage dans la cuisine de sa maison de Chambly. «Radio-Canada a accepté, mais j’aurais fait autre chose si ça n’avait pas été possible. Je voulais que nous soyons toujours ensemble. Surtout, je voulais pouvoir prendre soin d’elle. Elle va mieux depuis deux ans, mais si elle me disait qu’elle veut que nous passions à autre chose, je n’hésiterais pas à la suivre, car grâce à elle, j’ai réalisé mon rêve et je pourrais mourir demain sans rien regretter», dit-il le regard soudainement embrumé par l’émotion.

Prenant à cœur son rôle de père de trois filles, Ricardo est le genre de patron qui ferme les bureaux à 16h30 pour entrer s’occuper des devoirs, préparer le souper et prendre le temps de manger en famille. Ses employés doivent faire de même et il ne tolère pas les comportements workaholics. «Manger en famille, c’est sacré pour moi et Brigitte. C’est le moment où l’on peut échanger, apprendre ce que vivent nos filles. Chez nous, tout le monde doit rester à table et attendre que les autres aient terminé avant de se lever. Les filles sont parfois impatientes, mais quand j’ai pris soin de ma mère qui était atteinte du cancer, c’était la même chose. Je disais à mes filles : "Grand-maman m’a attendu quand j’étais petit, ben aujourd’hui c’est à nous de l’attendre. Un jour, nous aussi on vieillira et on s’attend. Ça finit là."» Ricardo fait d’ailleurs la promotion de l’importance de manger en famille ou avec d’autres et ce, peu importe ce qu’il y a au menu.

La vie familiale occupe une place si importante dans la vie de Ricardo qu’il n’hésite pas à dire ce qu’il ferait s’il était au pouvoir : «J’obligerais tous les pères à prendre un congé parental, car même s’ils ont ce droit, certains craignent d’être pénalisés au travail. Ainsi, on éliminerait aussi la discrimination qu’il peut y avoir à l’égard des femmes en âge d’avoir des enfants : qu’on engage des hommes ou des femmes, ils devraient tous prendre congé pour s’occuper des enfants. Et les pères réaliseraient peut-être que c’est l’fun d’être à la maison avec les enfants.»

Ricardo ferait un bon ministre délégué à la Famille et songe parfois à faire le saut en politique. Le seul hic : il dit tout ce qu’il pense et aurait du mal à suivre une ligne de parti. Selon lui, le Québec gagnerait à mettre en place une véritable politique familiale. «C’est bien, les garderies à sept dollars, mais on a juste trouvé la solution pour que les parents ne puissent pas s’occuper de leurs enfants. Pourquoi ne donnerait-on pas plutôt le choix aux parents ou aux grands-parents de prendre l’argent qu’on donne à une éducatrice pour s’occuper eux-mêmes de leurs enfants?», interroge-t-il.

Le cuisinier vedette a le bonheur facile. Outre la cuisine et le fait de recevoir des amis à souper, il se passionne pour le jardinage qui, dit-il, l’amène dans un état méditatif. Il se qualifie lui-même de contemplatif. Nostalgique du temps où tout était fermé le dimanche, il s’efforce de cultiver la lenteur dès qu’il a du temps pour lui et sa famille.

«Je fais du ski lentement, je conduis lentement. Je suis un slow dans l’âme. J’aime aussi prendre le temps de ne rien faire de spécial. Je trouve que c’est un luxe incroyable dans notre société de performance.»
Ricardo
Solidaire du Café L’Itinéraire

En plus d’être activement engagé auprès de La Tablée des chefs pour le volet «transfert des connaissances», Ricardo a accepté de soutenir le concept des cartes-repas du Café L’Itinéraire. Celui qui a vécu l’exclusion, sans toutefois avoir connu la rue, considère essentiel de faire sa part. «J’ai accepté de donner un coup de pouce à la campagne de cartes-repas d’abord parce que ça permet à des personnes de la rue de bien manger, mais surtout parce que le concept les oblige à manger en compagnie d’autres personnes, à briser leur isolement. Pour moi, l’aspect communautaire des repas est essentiel à la réinsertion sociale. Plus t’as de problèmes sociaux et économiques, plus il est nécessaire que tu manges avec d’autres. En ce sens, les cartes-repas contribuent à redonner espoir.» En bon papa qu’il est, Ricardo pense aussi que le Café de L’Itinéraire constitue un lieu où il est souhaitable qu’un jeune de la rue se retrouve. «Si j’avais une fille qui se retrouvait dans la rue, je serais rassuré de savoir qu’elle fréquente des organismes comme le Café L’Itinéraire. Comme père, je me dirais qu’au moins elle n’est pas seule, qu’elle mange bien en compagnie d’autres personnes qui vivent des difficultés semblables aux siennes.»

Et vous, qu’en pensez-vous ?
Commentez cet article

Page précédente  
L'Itinéraire©2007, tous droits réservés. Conception: Drafter.com Hébergement:Superwebpro

Logo industrie CanadaCette initiative est rendue possible grâce à une contribution financière
du programme
Francommunautés virtuelles d’Industrie Canada.
Les propos tenus dans ce site ne reflètent pas nécessairement l’opinion d’Industrie Canada.