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Publications et informations
Chronique Contes et comptes du prof Lauzon
Rions un peu avec le ministre provincial de la santé, Philippe Couilard
Texte de Léo-Paul Lauzon, professeur au département des Sciences comptables et titulaire de la Chaire d’études socioéconomiques de l’Université du Québec à Montréal - 1er janvier 2008

Léo-Paul LauzonComme il faut s’éclater de temps en temps dans la vie, je poursuis ma série d’articles intitulés «Rions un peu…». Cette série vise à démontrer comment nos élus font leur matamore auprès du monde ordinaire et des syndicats en déréglementant le marché du travail afin de rendre les travailleurs plus souples en vue de les «adapter» à la mondialisation et en les taxant toujours davantage au nom de la lucidité. (…)

Le merveilleux monde des douces pharmaceutiques
Dans un article paru dans La Presse le 27 mars 2002 intitulé : «Médicaments : la hausse des coûts partagée en trois», le gouvernement péquiste d’alors, avec Bernard Landry comme premier ministre et Pauline Marois comme ministre de la Santé, venait de décider de partager la facture supplémentaire à l’assurance-médicaments entre les usagers, les entreprises pharmaceutiques et l’État.

La réponse des multinationales étrangères pharmaceutiques n’a pas tardé à venir, comme le laisse voir le titre d’un article paru dans La Presse le 14 mai 2002 : «L’industrie pharmaceutique rejette tout partenariat avec Québec». Ce n’est pas le genre de partenariat ou de PPP que les affairistes recherchent. Ils ne veulent jamais partager les coûts, qu’ils laissent au monde ordinaire. Ils veulent seulement la poule aux œufs d’or par le biais de la privatisation, de la sous-traitance, de l’impartition, etc. Réaction alors de la suave Pauline Marois, la même qui nous implore maintenant de cesser d’avoir peur du succès et des multinationales, parue dans La Presse : «Le régime d’assurance-médicaments pourrait être abandonné. Les Québécois devront accepter d’en assumer les coûts s’ils décident de le maintenir, déclare Pauline Marois». La courageuse Pauline s’écrase vite et docilement devant les pharmaceutiques. (…)

Au tour maintenant de l’intrépide et beau parleur ministre libéral de la Santé, Philippe Couillard, de se frotter aux pharmaceutiques comme le laisse voir le titre de cet article de La Presse du 14 novembre 2003 : «Prix des médicaments : Québec tiendra tête aux pharmaceutiques». Un autre qui va faire dans ses culottes et passera de « beau parleur» à leur « haut-parleur » plus tard. Oh, oh, entre-temps, le Journal de Montréal du 10 mars 2004 nous a appris que : «Le député libéral de Nelligan, William Russel, démissionne pour occuper un poste de lobbyste» dans l’industrie pharmaceutique s’il vous plaît. Je suppose, que son intention est de mieux servir les intérêts supérieurs de la société et non les intérêts particuliers des pharmaceutiques. Un autre élu qui devient lobbyste (…). Et puis, bang, coup de théâtre! : «Médicaments : Québec abolira le gel des prix», titre de l’article du Devoir du 17 décembre 2004 et par la suite, que dites-vous du titre d’un article paru dans La Presse le 18 juin 2007 : «Les pharmaceutiques forcent la main au gouvernement. Certains médicaments pourront coûter jusqu’à 140 % de plus». Dites merci au bon docteur Couillard d’avoir cédé aux pharmaceutiques. C’est pour vous qu’il a fait ça. Un peu de gratitude serait de mise. Croyez-moi, les pharmaceutiques n’ont pas eu à forcer bien fort, si vous vous posez encore la question! Dans les faits, il s’est avéré que des médicaments ont augmenté de plus de 300 %, occasionnant une hausse du coût des soins de santé publique au Québec de plusieurs dizaines de millions par année.

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, mais sachez que je vais poursuivre ma lancée sur les pharmaceutiques et aussi sur le Collège des médecins… Nous verrons qui sont les “boss“ au Québec et qui dictent les lois!!!

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