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| Chronique Contes et comptes du prof Lauzon |
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Rions un peu avec le ministre provincial libéral Claude Béchard au pays des pétrolières (2e partie)
Texte de Léo-Paul Lauzon, professeur au département des Sciences comptables et titulaire de la Chaire d’études socioéconomiques de l’Université du Québec à Montréal - 1er avril 2008 |
Dans mon dernier article, je vous parlais de Béchard, qui s’énerve souvent sans que ça énerve quiconque à l’exception du poil de ses jambes… Revenons un peu en arrière, où je vous disais, articles de journaux à l’appui, que lors du congé pascal, les pétrolières ont augmenté leur prix, ainsi qu’au congé de la fête des Patriotes, mais ce n’est que lors de l’augmentation du prix de l’essence pour les vacances estivales que Béchard s’est décidé à demander des explications… J’ajoutais également que Béchard avait instauré une taxe verte aux pétrolières et qu’il se fiait uniquement à leur bonne volonté, comme si elles allaient absorber ce coût sans le refiler aux automobilistes, alors que de l’autre côté, elles ont eu droit, en 2006, à une aide gouvernementale fédérale de 1,4 milliard ainsi qu’à des baisses d’impôts sur le revenu de plus d’un milliard, sans que cela affecte le prix de l’essence.
Il y a deux leçons à tirer de ça, mes amis. Premièrement, vos politiciens sont les complices consentants de ces voleurs en leur octroyant, avec des fonds publics – donc avec votre argent –, des milliards en subventions et en abaissant l’impôt sur le revenu de ces multinationales milliardaires qui devra être compensé en haussant les taxes et les impôts des «suckers» que nous sommes et en coupant, en privatisant et en tarifiant généreusement nos services publics. Deuxièmement, voilà une belle preuve de la dictature dans laquelle nous vivons, et qui nous est imposée par les transnationales et le patronat. Nos gouvernements n’ont plus le choix de leurs politiques fiscales. Elles ne peuvent plus taxer équitablement les compagnies et les nantis qui vont s’empresser de nous refiler la note. Reste donc le «taxage» du monde ordinaire, avec qui nos élus se comportent en matamores tout en s’écrasant face aux puissants de ce monde. Dans Le Devoir du 13 août 2004, George W. Bush est cité ainsi : «Il est inutile d’augmenter les impôts des riches, car ils frauderont». Même si on diminue l’impôt et les taxes des nantis et des compagnies, ils frauderont encore et toujours plus, aurait pu ajouter le cow-boy sanguinaire du Texas.
Comme je recommence à m’énerver, rions un peu avec l’éditorial de la doucereuse Nathalie Collard, paru dans La Presse du 18 juin 2006 et intitulé : «Un plan pour tous». Après une longue énumération d’inepties, elle conclut son «œuvre» en disant : «On mettra donc sur le compte de l’émotion la réaction arrogante de Carol Montreuil de l’Institut canadien des produits pétroliers. Les pétrolières ne devraient-elles pas saisir cette occasion de «reverdir» leur image en clamant haut et fort qu’elles seront des «bonnes citoyennes» et assumeront, comme tous les Québécois, le coût de la détérioration de notre environnement. Qui sait? Les actionnaires, les dirigeants des pétrolières ont peut-être des enfants ou de petits-enfants à qui ils souhaitent léguer une planète en meilleure santé». Ayoye!
Et puis ce qui devait arriver arriva, comme l’expose éloquemment le titre de cet article de La Presse du 27 juin 2007 intitulé : «La redevance verte de 1,3 cent le litre d’essence imposée prématurément. Des pétrolières «taxent» déjà les automobilistes». Ce n’est donc plus une nouvelle taxe imposée aux pétrolières mais bel et bien aux consommateurs. Comme si ce n’était pas assez, la ministre québécoise du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a déclaré, tel que titré dans La Presse du 27 juin 2007 : «La taxe verte est là pour rester.» Elle feint de faire sa brave face aux pétrolières, sachant très bien que ces dernières s’en crissent de sa taxe verte, puisque ce ne sont pas elles qui la paient dans les faits, mais bien les automobilistes. Emmenez-en des taxes comme celles-là, qu’elles chantent en cœur. Vraiment pathétique. Au lieu d’en rajouter, la dite ministre pourrait se la fermer par élémentaire respect pour le monde. Madame Beauchamp, qui veut mettre les pétrolières au pas, est la même qui avait dit être «incapable d’agir sur la concentration de la presse», tel que titré dans Le Devoir du 14 mai 2004. Madame Beauchamp, puis-je vous référer à cet article du Devoir du 13 octobre 1999 intitulé : «Les coûts de l’environnement ne doivent pas nuire à la compétitivité des entreprises». Faut pas nuire au «libre marché» et briser «l’équité» entre les entreprises qu’avait dit alors le patronat. Madame la ministre, arrêtez donc vos ridicules sparages.
Et pour les naïfs invétérés qui croient encore à la bonne foi des politiciens et qui prennent au sérieux le Parti libéral du Québec et son ministre Claude Béchard, disons que lors de son budget provincial de 2007, le gouvernement a augmenté l’impôt sur le revenu des banques et des pétrolières de 111 millions, et abaissé leur taxe sur le capital de 161 millions, ce qui leur fera économiser 50 millions net en impôts, tel que rapporté dans La Presse du 2 jui n 2007 sous le titre de : «Banques et pétrolières reçoivent la facture et… 50 millions de réductions d’impôts». Après ce qui venait d’arriver, les libéraux auraient pu laisser tomber la baisse annuelle de leur taxe sur le capital de 161 millions, par sympathie pour la population. La baisse de la taxe sur le capital des pétrolières ne sera point répercutée sur le prix de l’essence, mais la hausse de leurs impôts sur le revenu a de bonnes chances d’être refilée aux automobilistes : «L’Institut canadien des produits pétroliers refusait de dire hier si la hausse de l’impôt se répercuterait à la pompe», lisait-on dans le même article. «Les consommateurs craignent de se faire refiler la hausse d’impôts imposée aux pétrolières et aux banques», titrait un l’article du Devoir du 2 juin 2007. Les gens ne sont pas dupes de leur exploitation. Ils savent qu’ils n’ont jamais droit aux bénéfices des baisses d’impôts accordées aux compagnies et aux hausses du dollar canadien et qu’ils doivent toujours supporter les hausses d’impôts et les baisses du dollar face à la devise américaine. Ah! que nous vivons dans un beau pays démocratique dans lequel prime la liberté économique des puissants et l’oppression pour les autres! On n’a de leçons à donner à personne, surtout pas à Cuba, sur la liberté démocratique. Tabarouette, vous êtes pas tannés de vous faire exploiter? La réponse est non, puisque vous allez en redemander en votant pour les conservateurs au provincial. Québec Solidaire, ça ne vous tente pas? Vous savez bien que la solution à cette exploitation est éminemment politique. Dans le prochain article, nous poursuivrons les aventures de Tintin Béchard au pays des pétrolières et des papetières.
Enfin, les pétrolières sont revenues de nouveau à la charge pour se moquer encore un peu plus du ministre Béchard du gouvernement libéral du Québec et de la population, tel que le laissait voir cet article de La Presse paru le 4 décembre 2007 : «Taxe verte sur l’essence : Ultramar fera payer les automobilistes» et de celui du Devoir : «Prix de l’essence : Ultramar fustige Québec». La réplique de Béchard à ce énième affront est venu le lendemain, comme le rapportait La Presse du 5 décembre 2007: «Taxe verte sur l’essence : Béchard en appelle au sens civique d’Ultramar». Un vrai bouffon hypocrite, qui fait toutes ces simagrées pour la galerie et pour rire du monde afin de vous faire accroire qu’il règle les problèmes et pour faire étalage de son «courage» en s’attaquant aux gros. Tout ce vaudeville n’est que fumisterie.
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