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Publications et informations
Chronique Contes et comptes du prof Lauzon
La vraie nature de La Presse et de son équipe éditoriale
Texte de Léo-Paul Lauzon, professeur au département des Sciences comptables et titulaire de la Chaire d’études socioéconomiques de l’Université du Québec à Montréal - 1er novembre 2007

Léo-Paul LauzonLe samedi 29 septembre 2007, le chroniqueur Claude Picher de La Presse pondait une chronique intitulée «Trois minutes, deux inepties» qui m’était entièrement consacrée, avec, en prime, une grosse photo de moi! Qu’on me traite de noms, ça passe, mais qu’on cultive la haine de nos services publics par des mensonges perfides, ça, non. Ainsi, comme il se doit, j’ai fait parvenir, le lundi suivant, ma réplique à La Presse, qui n’a jamais été publiée. […] La Presse, qui devrait être un exemple de liberté de pensée et d’éthique, constitue, dans les faits, le bras idéologique de son propriétaire, la multinationale Power Corporation qui, tout en promouvant continuellement la privatisation de nos services publics et de nos instruments collectifs, détient des compagnies qui ont de gros intérêts financiers dans la santé privée (Canada Life, London Life, Great West Life), dans les fonds de pension privés (Investors et Mackenzie), dans les aqueducs et l’eau (La Lyonnaise des eaux), dans le gaz naturel et l’électricité (GDF-Suez), dans le pétrole (la transnationale Total), et j’en passe. […] Je reproduis ici la réplique que j’ai adressée à Claude Picher afin que vous vous fassiez votre propre opinion sur la véritable nature de La Presse et sur l’essence même de sa compagnie-mère, la transnationale Power Corp.

M. Picher : J’ai lu attentivement votre chronique qui m’était entièrement consacrée et dans laquelle vous avez sévi, comme à l’accoutumée, avec des arguments, des données et des références tronqués tout autant que primaires. Dans un seul texte, vous avez commis plusieurs énormités, ce qui relève de l’exploit.

Au moins, on s’entend sur le classement annuel mondial des pays effectué par l’organisme privé du Forum économique mondial. Même si les rangs changent à chaque année, les pays scandinaves (Finlande, Suède, Norvège et Danemark) sont toujours parmi les dix premiers, même s’ils ont un gros État, de gros syndicats et de gros impôts. L’an passé, le Canada, avec son beau modèle que Stephen Harper veut donner en exemple, s’est classé seulement 16e. En 2005, l’économiste en chef de ce fameux Forum, Augusto Lopez-Carlos, a déclaré : «Les pays du Nord prélèvent d’énormes recettes fiscales puis les dépensent. Ils les remettent dans l’économie avec un "plus" qui finance les infrastructures ou l’éducation.»
[…]
Dans les données du Centre national pour les statistiques de santé des États-Unis, publiées aussi dans La Presse du 13 août 2007 sous le titre de : «Espérance de vie : Les Américains chutent au classement mondial», on apprend que les Américains se classent au 42e rang mondial sur 222 pays en terme d’espérance de vie, en partie en raison du fait que 45 millions d’Américains ne possèdent pas d’assurance pour leurs soins de santé. Voilà un classement que vous avez malencontreusement omis dans votre chronique. Par contre, vous citez le classement de l’organisme patronal International Management Development, que personne ne connaît et qui classe, parmi les cinq pays les plus compétitifs de la planète, de petits pays comme le Luxembourg, Hong Kong et la Suisse, qui sont concurrentiels du fait qu’ils constituent de gros paradis fiscaux avec beaucoup d’évasion fiscale. Monsieur Picher, ça ne fait vraiment pas sérieux. Quant au Danemark, vous dites que ce pays n’a pas de salaire minimum. J’ajouterais la Finlande et la Suède aussi. Par contre, ce que vous oubliez de dire, c’est que selon les statistiques de l’OCDE, le Danemark a un taux de couverture syndicale de 82,5%, qu’il est de 92,5% pour la Finlande et la Suède, de 32% pour le Canada et de 14% pour les states. Avec des taux de couverture syndicale aussi élevés dans les pays scandinaves, une loi sur le salaire minimum est inutile. D’ailleurs, un travailleur non qualifié gagne 15$ l’heure selon l’Europan industrial relations observatory on-line.

[…]
Enfin, comme je suis un socialiste chrétien, je suis prêt à réviser, à titre bénévole, vos chroniques afin de les épurer de toutes les coquilles, volontaires ou pas, que vous commettez et qui vous discréditent. Je sais, monsieur Picher, je m’embarque dans de la grosse ouvrage, mais ma foi, m’interpelle et m’enjoint avec insistance d’aider mon prochain. Pour vous paraphraser, je prétends qu’il y a place, au Québec, pour un discours de droite plus rigoureux et plus objectif, ainsi que pour des chroniqueurs avec une plus grande éthique journalistique. Sinon, on ne parle plus d’information, mais de désinformation.

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