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Le vendredi 8 mars 2013Le PAS de la rue présentait le court-métrage "S'en sortir" de Robert Jourdain, ex-itinérant
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Cliquez ici pour participer à notre sondageÉditorial / Édition du samedi 1er septembre 2012
Départ de Nadeau-Dubois : Pression sur les leaders sociaux
Bien des raisons personnelles et organisationnelles ont dû amener Gabriel Nadeau-Dubois à quitter sa fonction au sein de la CLASSE...
...mais il faut regarder également comment notre société et nos gouvernements compliquent la tâche de ceux et celles qui désirent faire une différence, mobiliser les citoyens et leur permettre de s’exprimer. Bref, d’avoir voix au chapitre. Le départ de ce porte-parole du mouvement étudiant est un autre exemple des difficultés qu’éprouve la société civile à se mobiliser.
Contrairement aux États-Unis ou à certains pays européens qui offrent du financement et une structure de lobbying social, le Canada et le Québec développent peu de possibilités pour que la société civile puisse avoir de solides organisations et des leaders pour organiser un rapport de force équitable et revendiquer des services sociaux pour tendre vers la société que nous voulons.
Les organismes sociaux jouissent de très peu de moyens financiers et organisationnels pour faire entendre l’opinion du peuple. Leur soutien vient la plupart du temps de gestes privés faits par des personnes engagées qui sacrifient salaire et vie personnelle pour faire changer les choses. Que ce soit au niveau de l’itinérance avec le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), ou encore les comités de défense en logement, en santé ou pour ceux et celles qui sont au chômage, les leaders crèvent de faim et doivent passer une part importante de leur temps à maintenir à flot leur organisation tout en trouvant du temps pour faire avancer leur cause. Et comme la société civile représente une grande diversité de points de vue, la tâche du leader social est encore plus ardue et demande plus de recherche et de travail de mobilisation sur le terrain.
Gabriel Nadeau-Dubois est un exemple de leader social qui a été dans la mire du gouvernement. Le Parti Libéral l’a littéralement diabolisé. Et le projet de loi 78, décriée comme portant atteinte au droit de manifestation publique, a été encore bien plus sournois en s’attaquant directement aux associations et à leurs leaders avec des amendes sévères, tant au niveau de l’organisme que du porteparole, mais aussi en brandissant la possibilité de leur couper leur source de financement. Cet aspect a été peu débattu durant le conflit, mais il démontrait la ferme volonté du gouvernement de briser complètement une structure de revendications sociales.
Il est clair que nos gouvernements ne désirent pas voir le peuple s’exprimer autrement que par un vote une fois tous les quatre ou cinq ans. «La rue a fait du bruit, disait Jean Charest en début de campagne électorale, il est temps de laisser s’exprimer la majorité silencieuse». Quand 200 000 personnes prennent la peine à plusieurs reprises de descendre dans la rue à la défense des étudiants et des droits d’expression brimés par le projet de loi 78, il me semble que cela mérite d’être écouté. Et quant à la question de la majorité, l’histoire du monde nous a bien appris que ce sont les minorités engagées qui ont éclairé les nouvelles visions et apporté les changements nécessaires à l’évolution des sociétés.
La démocratie dans notre pays n’est pas exemplaire et mérite notre attention. En tant que nation, nous devons apporter le soutien nécessaire aux organisations sociales et à leurs leaders pour que les gouvernements, désincarnés de l’intérêt des citoyens, cessent de «régner» sur le peuple et de tout décider de son avenir ou de sa sécurité sociale. Un Québec fort, c’est un peuple qui possède les mécanismes nécessaires pour qu’émergent des leaders sociaux et des organisations capables de mobiliser les gens afin que leurs désirs et leurs espoirs se fassent réellement entendre et respecter.
Serge Lareault
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